Les Ports Francs de Genève instaurent le contrôle des objets archéologiques

Par Nathalie Eggs · lejournaldesarts.fr

Le 6 octobre 2016

GENEVE (SUISSE) [06.10.16] – Depuis le 19 septembre, la société KPMG, mandatée par les Ports Francs de Genève, contrôle effectivement la provenance d’objets archéologiques avant qu’ils ne soient stockés dans la zone franche.

Alain Decrausaz, le directeur général des Ports Francs et Entrepôts de Genève, avait annoncé en juin dernier un contrôle renforcé sur les objets archéologiques avant qu’ils n’intègrent les entrepôts des ports francs. La mesure est effective depuis le 19 septembre et sa mise en œuvre a été confiée à la société KPMG, rapporte La Tribune de Genève.

Le périmètre de ce contrôle est toutefois limité aux objets issus de fouilles archéologiques, terrestres ou sous-marines, l’objectif étant de dissuader les fouilles clandestines (particulièrement dans les pays en guerre) et le trafic illégal qu’il génère.

Concrètement, trois hypothèses se présentent, selon la provenance de l’antiquité, a précisé Alain Decrausaz. Si l’objet provient d’un musée ou d’une maison de ventes aux enchères, « l’expertise se fait sur dossier, et en général, l’objet est accepté ». Si l’objet est issu d’une collection privée, le risque augmente et la société KPMG expertise l’objet à son arrivée à Genève. Un troisième degré de contrôle requiert l’intervention d’un expert spécialiste de l’époque, de la civilisation et de la région du monde concernée.

Les clients sont informés de cette démarche et son coût est entièrement pris en charge par les Ports Francs. Entre six et huit objets ont d’ores et déjà été examinés ces deux dernières semaines. « Nous tenons pour l’instant à tout vérifier. Petit à petit, nous identifierons plus rapidement les pièces qui sortent du périmètre à examiner. Nous ferons un point de la situation dans trois mois, et un bilan des coûts » a confié Alain Decrausaz au quotidien genevois.

Si la direction des Ports Francs et Entrepôts de Genève se montre davantage vigilante dans la lutte contre le trafic illégal des biens culturels et le blanchiment dans le marché de l’art, son président, David Hiller, a averti en juin dernier que ces dispositions ne mettraient pas pour autant la zone franche à l’abri de nouveaux scandales. Il avait souligné deux obstacles majeurs : les largesses accordées dans les années 80 et 90 auxquelles la loi fédérale sur le transfert international des biens culturels (LTBC) n’a remédié qu’en 2005 ; et l’identité des bénéficiaires de l’entreposage – souvent masqués derrière des sociétés-écrans.

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Le bâtiment des Ports Francs à Genève, Suisse © Photo MHM55 - 2015 - Licence CC BY-SA 4.0

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