Vendredi 22 novembre 2019

Bâle-Riehen (Suisse)

Les Klee de l’art abstrait

Fondation Beyeler - Jusqu’au 21 janvier 2018

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 22 novembre 2017 - 345 mots

Pour Ernst Beyeler, Paul Klee fut, avec Picasso, l’un des artistes les plus importants de son siècle.

Il est donc normal que la fondation qui porte le nom du collectionneur et marchand organise une exposition qu’on peut qualifier, en raison de son sujet, de son nombre d’œuvres (cent dix), de leur qualité et de leur provenance (de Tokyo à New York), de majeure. Comme son titre l’indique, « Paul Klee. La dimension abstraite », elle pose une question si centrale qu’elle semble curieusement n’avoir jamais été posée dans le cadre d’une exposition : Quelle a été la contribution de Klee à l’art abstrait ? L’artiste était-il un peintre figuratif ou abstrait ? En réalité, la question ne se pose pas ainsi. À la différence de Kandinsky, Malevitch ou Mondrian, ses contemporains, Klee a poursuivi ses recherches dans les deux directions. Comme le montre la première salle de la fondation, son voyage en Tunisie se transforme sur le papier en un assemblage de couleurs. La bosse du chameau, élément pittoresque, devient un triangle qui donne son nom à la composition : Avec le triangle brun, 1915. Dès le début, la question de la représentation n’intéresse pas Klee, qui ne peint pas ce qu’il a devant les yeux, mais les impressions, les émotions, que cela provoque en lui. C’est pourquoi une maison, un arbre ou un coucher de soleil deviennent, pour le peintre, l’occasion de peindre une ligne, un plan, un signe graphique. Les titres ne sont d’ailleurs pas abstraits : En fleurs nous révèle ainsi le titre d’une composition de quadrilatères colorés de 1934… D’autres fois, les titres sont en revanche plus abstraits, puisant dans le vocabulaire musical : Fugue en rouge (1921), Courants polyphoniques (1929)… Car l’exposition rappelle, à juste titre, que la musique, art abstrait par excellence, fut une source constante d’inspiration pour le peintre-musicien, comme l’écriture. À ce titre, l’exposition dévoile une série de peintures peu connues qui annoncent les recherches de Michaux, de A. R. Penck, de Basquiat… Cela ne fait aucun doute, Klee fut bien l’un des plus grands peintres de son siècle.

« Paul Klee. La dimension abstraite »,
Fondation Beyeler, Baselstrasse 101, Bâle (Suisse), www.fondationbeyeler.ch

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°707 du 1 décembre 2017, avec le titre suivant : Les Klee de l’art abstrait

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