Les galeries françaises restent bien présentes dans le secteur central de la FIAC

Par Mathilde Bozier · lejournaldesarts.fr

Le 23 octobre 2015 - 676 mots

PARIS [23.10.15] - Moins nombreuses que par le passé au sein de la foire, les galeries françaises demeurent bien présentes dans la zone centrale de la foire. Jusqu’en 2014, le secteur moderne s’est éloigné du cœur.

De façon attendue, les galeries installées au cœur de la foire sont pour la plupart de grandes galeries dotées de succursales à l’international à l'instar de la galerie Gagosian, Marian Goodman ou encore Thaddaeus Ropac. Mais les galeries françaises, hors antennes de multinationales ne sont pas forcément moins présentes dans le secteur central.

Si leur nombre a diminué sur l’ensemble de la foire depuis 2007, leur présence sur les secteurs stratégiques est demeurée quasi intacte. Leur présence n’a que faiblement baissé dans le carré central et les allées adjacentes au regard de la diminution de leur présence sur l’ensemble de la foire.

Lors de la 41ème édition, les galeries américaines ont en revanche perdu du terrain et se déplacent aux alentours du secteur central pour laisser la place aux galeries allemandes. Ces dernières ne cessent de progresser, elles étaient deux fois plus nombreuses en 2014 qu’en 2007 à figurer au sein des secteurs stratégiques. Les galeries britanniques, moins présentes sur l’ensemble de la foire, sont moins bien servies, elles sont toutefois plus nombreuses aujourd’hui autour du carré central, sans encore parvenir à y trouver véritablement leur place. La surprise vient de la Belgique qui gagne deux stands au point culminant de la FIAC. Seule la galerie Catherine Bastide y était présente en 2007 et trois y étaient en 2014, Micheline Swajcer, Zeno X et Xavier Hufkens, cet accroissement de représentativité au coeur de la foire intervient alors même que le nombre total de galeries belges dans la foire a diminué (9 galeries en 2007 et 7 en 2014).

Les galeries modernes, une géographie mouvante
Plus que les nationalités des galeries, ce sont les périodes artistiques qui ont connu des bouleversements dans leur emplacement, marquant le changement de la ligne directrice de la FIAC. Les galeries modernes installées sur le devant de la foire en 2007 se sont repliées vers le fond en 2014. On pouvait ainsi comptabiliser deux fois plus de galeries modernes dans le secteur « C » en 2014 qu’en 2007, et l’apparition de ces dernières dans les secteurs « D », « E » et « F » où l'on retrouvait par exemple les galeries Françoise Paviot, Zlotowski et Sophie Sheideker.

Mais en 2015, après avoir progressivement poussé les galeries modernes vers le fond, la FIAC ressent à nouveau le besoin de réaffirmer leur présence avec l’arrivée de quelques nouvelles recrues que l'on peut aussi croiser au détour des allées de la foire de Bâle comme l'espagnole Elvira Gonzalez ou la canadienne Landau Fine ART.

L’emplacement des galeries a naturellement des conséquences sur la fréquentation. Monter dans les coursives peut être dissuasif en fin de parcours pour un collectionneur las ou fatigué. Au sein de la profession les avis sont partagés quant à l’importance de la localisation. Pour Georges-Philippe Vallois, Président du CPGA « le carré central constitue un point stratégique du positionnement des galeries. Plus on s'éloigne de ce cœur, plus la visibilité des galeries s'en retrouve restreinte. Il subsiste donc un parcours privilégiant, selon l’organisateur ou le directeur artistique, le rayonnement international de certaines galeries ».

De son côté, David Fleiss, co-directeur de la galerie 1900-2000 et membre du comité de sélection de la foire, ne nie pas le rôle de la localisation du stand mais diminue son importance, « Les collectionneurs vont dans les stands qui les intéressent qu'importe où ceux-ci se trouvent dans le Grand Palais. La taille du Grand Palais permet de visiter chaque stand ».

Mais s’il est vrai que la taille raisonnable de la foire permet la visite de tous les stands et que certains collectionneurs avertis sont peu sensibles à la localisation, il demeure probable que la géographie de la foire n’est pas pour autant totalement neutre.

Cléo Morel et Mathilde Bozier

Master Conservation, Gestion et Diffusion des Œuvres d’Art des XXè et XXIè siècles, Université Paul-Valéry Montpellier III

Légendes photos

Le stand de la galerie kamel mennour (Paris) dans le carré central

A droite du carré central, les galeries Michael Werner (Berlin), Marian Goodman (Paris / New York), David Zwirner (New York) et Annely Juda Fine Ar (Londres) à la Fiac

Grand Palais - 20 octobre 2015 © photos Ludosane

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