Vendredi 14 décembre 2018

Les élus communistes « réticents » devant l'opération LVMH au Bois de Boulogne

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 13 mars 2017 - 340 mots

PARIS [10.03.17] - Les élus communistes de Paris ont exprimé vendredi leur « réticence » à ce que Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH, récupère l'ex-musée national des Arts et Traditions populaires (ATP) à Paris pour y créer un lieu dédié aux métiers d'arts, alors qu'un rapport proposait au gouvernement d'y faire un site mémoriel de l'esclavage.

« Le jour où Bernard Arnault, François Hollande et Anne Hidalgo se retrouvaient pour porter sur les fonts baptismaux le projet, un rapport était remis au gouvernement » proposant qu'une « future fondation pour la mémoire de l'esclavage, de la traite et de leurs abolitions » soit logée dans cet ancien Musée des Arts et Traditions populaires, indique un communiqué.

« Nous ne pouvons que nous interroger sur la concomitance des deux événements et la rapidité avec laquelle la mairie de Paris confie cette concession à Bernard Arnault. Ceci nous fait douter de la volonté de l'État, voire de la Ville, de voir aboutir, dans un délai rapide, ce site mémoriel sur l'esclavage », ajoute le groupe.

La création de cette « Maison LVMH - Arts, Talents, Patrimoine » a été annoncée mercredi en présence du président François Hollande, par Bernard Arnault et la maire de Paris, Anne Hidalgo. Le géant du luxe y investira 158 millions d'euros, prenant notamment à sa charge de gros frais de désamiantage, contre redevance à la Ville.

« Nous ne voterons pas la délibération» qui doit avaliser l'accord, a indiqué à l'AFP Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe communiste, ajoutant que «nous avons été mis devant le fait accompli. » « Sans être systématiquement opposés aux fondations privées, nous ne pouvons que constater qu'une partie du bois de Boulogne pourrait devenir un Bernard Arnault Land », ajoute le groupe en référence à la Fondation Vuitton et au Jardin d'Acclimatation, déjà sous la houlette de LVMH.

Un rapport, remis mercredi par l'économiste franco-béninois Lionel Zinsou, a préconisé la création d'une Fondation d'utilité publique pour « promouvoir la connaissance de l'histoire de l'esclavage mais aussi celle des sociétés et cultures créoles », suggérant l'Hôtel de la Marine place de la Concorde ou l'ex-musée des ATP.

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Au 1er plan, le bâtiment du Musée national des arts et traditions populaires (MNATP) fermé depuis 2005, et au second plan la fondation Louis Vuitton © photo Ludosane - 2014

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