Les 40 ans du Centre Pompidou dans l’œil des médias

Par Sarah Belmont · lejournaldesarts.fr

Le 13 avril 2017 - 479 mots

PARIS [13.04.17] - Il y a quarante ans ouvrait le Centre Georges Pompidou, plus connu à l’époque sous le nom de Beaubourg. De nombreuses radios et télévisions ont raconté cet anniversaire, sans grande originalité.

L’histoire du Centre Pompidou dans les médias audiovisuels, c’est un peu toujours la même chose. Le Centre Pompidou, c'est un ancien parking, une façade à quatre couleurs, 100 000 m2, deux boutiques, trois cinémas, une bibliothèque de 400 000 ouvrages, sept galeries d'exposition, quatre millions de visiteurs par an, 30 000 par jour, 300 accrochages depuis son inauguration, 100 œuvres sorties de ses réserves chaque année, soit 5 % de ses collections... Cette litanie de chiffres se répète d’émissions en émissions.

Ce sont toujours les mêmes qualificatifs, les mêmes anecdotes, les mêmes documents, et les mêmes témoins qui reviennent constamment. « King-Kong architectural », « raffinerie culturelle », « Notre-Dame des Tuyaux »... autant de surnoms parmi lesquels se détache cependant « un vaisseau de verre. » Par cet emprunt – l'expression a déjà été utilisée pour désigner la Fondation Louis Vuitton – le magazine Stupéfiant ! sur France 2 fait un peu preuve d’originalité. Elle diffuse cependant elle aussi une archive apparemment incontournable, le micro-trottoir de 1977 où peste une religieuse.

Tandis que Daniel Buren, Renzo Piano, Bertrand Délanoë monopolisent l'antenne, les grands disparus restent, eux, dans l'oubli. Quid de Pontus Hultén, par exemple ? Le premier directeur du Centre est rarement mentionné. Et au lieu de saluer Georges Pompidou, certaines chaînes préfèrent rendre hommage à sa femme et à Jacques Chirac, les « acteurs de l'ombre. »

Deux émissions se sont cependant distinguées par leur exhaustivité et leur recul. A Télématin sur France 2, le 31 janvier dernier, pendant une heure, les chroniqueurs de William Leymergie ont entraîné les spectateurs dans les collections permanentes, les réserves, les coulisses de l'Ircam – moins souvent évoqué -, à la rencontre de nouveaux interlocuteurs, comme le compositeur Frédérick Rousseau.

Koons, Koons, Koons. Il n'y en a en général que pour lui, alors qu’une question plus intéressante serait : « quel grand plasticien contemporain n'a pas encore été exposé à Beaubourg ? » Réponse: Takashi Murakami, entre autres. Si la durée de cette « Intégrale Beaubourg » est propice à un panorama complet, son sommaire n'en demeure pas moins singulier. À côté, l'émission proposée par Fabrice Bousteau sur Arte a adopté un ton plus solennel, pour ne pas dire scolaire. Or, nul besoin d'être pompeux pour retracer l'histoire du Centre Pompidou.

C'est ce que prouve la série d'entretiens d'une minute, menés par Olivier Widmaier-Picasso pour France 2. Tous les soirs, pendant trois semaines, la parole était donnée à une personnalité différente. Catherine Deneuve a associé Beaubourg au dernier défilé d'Yves Saint Laurent. Nathalie Reims s'y promenait avec son père. Pierre & Gilles y ont rencontré Andy Warhol. Le succès de ces témoignages – quinze au total - tenait à leur brièveté et leur approche narrative, deux qualités désormais essentielles à la télévision.

Légende photo

Le Centre Pompidou © Photo scarletgreen - 2007 - Licence CC BY 2.0

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