L’Egypte relance son projet de musée sous-marin

Par Julie Paulais · lejournaldesarts.fr

Le 4 janvier 2016 - 488 mots

ALEXANDRIE (EGYPTE) [04.01.16] – En projet depuis 2008 puis abandonné en raison du Printemps arabe, le musée sous-marin devrait finalement voir le jour. Les autorités égyptiennes ont relancé le projet, qui permettra aux visiteurs d’observer les vestiges engloutis de la baie d’Alexandrie.

Le ministre égyptien des antiquités, Mamdouh al-Damaty, a annoncé que le gouvernement a relancé son projet de construction d’un musée subaquatique dans la baie d'Alexandrie, rapporte Artnet News. Les autorités ont commencé à développer le musée, dont le coût total est estimé à plus de 150 millions de dollars (138 millions d’euros).

En 2008, l’Egypte avait annoncé son intention de construire le premier musée sous-marin du monde dans le port d’Alexandrie, autour des vestiges archéologiques engloutis. Le conseil scientifique des antiquités s’était réuni dès le mois d'octobre afin d'étudier les différents projets de construction, avec l’aide scientifique et financière de l’UNESCO et de la Fondation Aga Khan. Il était prévu alors que le musée devrait se composer d'un vaste réseau de tunnels en plexiglas translucide et d'un bâtiment en surface retraçant l'histoire égyptienne.

Une première étude de faisabilité avait été lancée en mai 2010 par l'UNESCO, mais avait été brutalement interrompue par la révolution du 25 janvier 2011. Deux ans après le Printemps arabe, en septembre 2013, l'UNESCO et les autorités égyptiennes ont ravivé le projet une fois de plus. Avec cette dernière annonce par le ministre des antiquités, l’optimisme est de rigeur. « Le musée va remodeler la région arabe, car il sera le premier de son genre dans le monde. Il va sans nul doute relancer le tourisme et stimuler l'économie égyptienne après une longue récession », a déclaré Youssef Khalifa, président de l'Administration centrale des Antiquités de Basse-Egypte, à Al Monitor. D’après ce dernier, le musée pourra accueillir 3 millions de visiteurs par an.

Le musée sera conçu par l’architecte français Jacques Rougerie, et comprendra deux parties : une partie à la surface pour exposer les artefacts retrouvés au fond de la baie, ainsi qu’une partie sous-marine, à sept mètres de profondeur, afin d’admirer les vestiges restés sous l’eau. « Les visiteurs pourront voir les vestiges soit en plongeant, soit en se promenant dans les tunnels sous-marins », a précisé Youssef Khalifa. La partie subaquatique sera divisée en quatre bâtiments en forme de barque nilotique connectés en cercle sur une surface de 22 000 mètres carrés.

L'architecture devra répondre à de nombreuses contraintes, qu’il s’agisse de la disposition des vestiges, de la pression de l’eau ou encore des courants marins. Mais un autre problème majeur se pose : la pollution. Un rapport de l'UNESCO pointait déjà du doigt cette difficulté, déclarant que « la baie abritant les vestiges sous-marin d'Alexandrie est très polluée. Cela trouble non seulement l'eau, ce qui empêche de voir les artefacts, mais accélère également leur érosion ». Il semblerait qu’un système de filtrage de l’eau ait été prévu dans la construction du musée afin d’améliorer la visibilité des vestiges.

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Projet pour le Musée sous-marin en Egypte © Fondation Jacques Rougerie

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