L’Egypte et le Saint Louis Museum se disputent un masque égyptien

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 3 décembre 2008

LE CAIRE (EGYPTE) [03.12.08] – Les autorités égyptiennes revendiquent un masque funéraire de momie, conservé actuellement au Saint Louis Museum, aux Etats-Unis, et qui serait sorti illégalement du pays.

L’Egypte accuse le Saint Louis Museum, aux Etats-Unis, d’avoir acquis en 1998 un masque funéraire de momie qui aurait été volé et demande la restitution de cet objet à l’histoire trouble.

L’archéologue Mohammed Zakaria Ghoneim a découvert en 1952 sur le site de Saqqara, aux alentours du Caire, le masque doré de Ka Nefer Nefer, une aristocrate de la cour de Ramsès II. Le dernier document mentionnant la relique remonte à 1959 et indique qu’elle était restée dans le même dépôt de Saqqara où Ghoneim l’avait laissé en 1952. Entre 1959 et 1998, année où le masque est réapparu sur le marché, il n’existe aucun registre l’évoquant. Il est donc difficile de prouver que l’œuvre a été ou non volée.

Zahi Hawass, le célèbre responsable des antiquités égyptiennes, en est pourtant convaincu. « C’est notre affaire numéro 1. L’Egypte a droit au masque », a-t-il affirmé à l’Associated Press. Hawass accuse même le Saint Louis Museum d’avoir falsifié les documents sur la provenance du masque, qui aurait appartenu en 1952, selon l’institution américaine, à un marchand belge avant de passer un demi-siècle dans une collection privée.

Bien que certain de la légalité de la transaction effectuée pour acquérir l’objet, Brent Benjamin, directeur du Saint Louis Museum, se dit néanmoins prêt à restituer l’œuvre. Mais il exige des arguments plus convaincants que le seul registre de 1959, considéré par les Egyptiens comme une pièce à conviction décisive.

Une nouvelle loi égyptienne qui sera peut-être adoptée cette année risque de provoquer de nouveaux rebondissements : le vol des antiquités sera considéré comme un crime. Ce dont se réjouit Zahi Hawassa qui ne cache pas son impatience à l’idée de voir Brent Benjamin s’expliquer devant une cour de justice égyptienne.

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