Le Vitromusée de Romont accusé de recel par le Musée du Cinquantenaire

Par Julie Paulais · lejournaldesarts.fr

Le 21 septembre 2015 - 407 mots

ROMONT (SUISSE) [21.09.15] – Deux vitraux du XVIe siècle, volés au Musée du Cinquantenaire dans les années 1980 et légués au Vitromusée de Romont par un collectionneur, font l’objet d’un litige entre les deux institutions.

Le Musée du Cinquantenaire a déposé une plainte pour recel contre le Vitromusée de Romont auprès du Tribunal cantonal de Fribourg, rapporte RTBF. L'affaire a été révélée par le quotidien belge De Standaard, et concerne deux peintures sous verre volées dans les années 1980 : la première représentant la fuite en Egypte, la seconde sainte Anne, la Vierge et Jésus.

Les œuvres en question ont été publiées dès 1945 par un conservateur des Musées royaux d’Art et d’Histoire. « Elles font partie de la collection du musée depuis des années », explique Valérie Montens, conservatrice aux Musées royaux d’Art et d’Histoire. « L’une d’elles a été achetée en 1865, la seconde fait partie du legs d’un collectionneur en 1911. Ce sont des œuvres de nos régions, qui font partie de notre patrimoine. Les peintures sous verre du XVIe siècle réalisées dans nos régions sont rares. »

Les peintures volées ont été achetées par un collectionneur, qui les a lèguées au Vitrocentre parmi un millier d'autres pièces. « Nous considérons que ces œuvres ont été acquises de parfaite bonne foi sur le marché de l'art par notre légataire », répond Stefan Trümpler, directeur du Vitrocentre et conservateur en chef du Vitromusée, dans Le Matin. « Le Vitrocentre est en possession légale des œuvres. »

Le Cinquantenaire a appris en 2004 que les œuvres étaient exposées à Romont et a dès lors demandé leur restitution. Un arrangement tacite avait alors été ébauché, incluant un prêt temporaire.

Le dernier contact entre les deux institutions remonterait à 2012, selon Valérie Montens. Elle justifie l’action en justice par une absence de concrétisation du dossier et par un revirement de la position du Vitromusée: « Ils reconnaissent que ces pièces étaient la propriété de l’Etat belge. Je pense qu’une institution scientifique ne peut pas accepter de pièces de provenance douteuse. »

Stefan Trümpler rappelle quant à lui dans Le Temps que le Cinquantenaire a « entretenu un long silence de huit ans » à la suite des premiers contacts pris entre les institutions. D’après lui, «cette plainte vise à reprendre les discussions», et son institution ne souhaitant pas dépenser de grands moyens financiers dans des batailles juridiques, une option pourrait être de passer par l'association internationale des musées.

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Le château de Romont abrite le Vitromusée et le Vitrocentre dans le canton de Fribourg en Suisse - © Photo Christophe95 - 2013 - Licence CC BY-SA 3.0 

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