Le système Dubuffet

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 22 novembre 2017 - 204 mots

Art Brut -  Dubuffet photographe ? Peut-être, mais alors documentaire, comme en attestent les quatorze albums photographiques que la Collection de l’Art brut à Lausanne, qui les conserve dans ses archives, dévoile aujourd’hui aux éditions 5 Continents.

Ces albums non datés ont été composés entre 1945 et 1963, et réunissent d’abord, sur de grands aplats noirs, des photographies des « barbus Müller », statues en granit aux origines incertaines, des photos de tatouages issues de la préfecture de police, les Graffitis de Brassaï, mais aussi et surtout ce qui constitue l’essentiel de ces albums : des reproductions de Chaissac, Séraphine, Soutter, Somuk, Wölfli, des productions anonymes, etc. La procédure est toujours la même, c’est celle d’un collectionneur qui ordonne sa collection et la renseigne à l’aide d’étiquettes tapées à la machine, plus rarement manuscrites. Ce qui frappe, c’est la froideur avec laquelle Dubuffet classe ses photos : il n’analyse pas, il ne commente pas, il ne juge pas, mais il renseigne : « Fleury Joseph Crépin », « Col. Cie de L’Art Brut », « 435 », « Col AB N° 59 huile 74 57 cm ». L’édition de ces albums est accompagnée d’un cahier introductif réunissant des textes de spécialistes, utiles sinon essentiels, pour entrer dans le système Dubuffet et les marges de l’art.

Collectif,
Les Albums photographiques de Jean Dubuffet,

5 Continents, 824 p., 100 €.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°707 du 1 décembre 2017, avec le titre suivant : Le système Dubuffet

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