Le projet d’extension du MAH remanié par Jean Nouvel suscite encore l’indignation des associations de défense du patrimoine suisse

Par Alexandra Houël · lejournaldesarts.fr

Le 24 septembre 2013 - 506 mots

GENEVE (SUISSE) [24.09.13] – Deux recours ont été déposés devant le tribunal administratif genevois contre le projet d’extension que Jean Nouvel a remanié pour le Musée d’Art et d’Histoire de la ville. La date de lancement des travaux ne cesse d’être repoussée pour ces raisons depuis 2001.

Les associations de défense du patrimoine suisse n’en démordent pas, le projet d’extension du Musée d’Art et d’Histoire de Genève (MAH) proposé par Jean Nouvel, même revu à leur demande par l’architecte, est « inacceptable ». Deux associations ont déposé un recours, selon la Tribune de Genève.

Le 12 septembre 2013, « Patrimoine suisse » a déposé pour la deuxième fois un recours devant le juge administratif à l’encontre du permis de construire délivré par les autorités pour le nouveau projet d’agrandissement du musée, présenté en février 2013. L’association « Action Patrimoine Vivant » a suivi le mouvement, annonçant le 20 septembre qu’elle avait, elle aussi, déposé un recours contre ce « projet de bourrage », selon ses mots.

Mis en route en 2001, ce projet rencontre un obstacle à chaque étape décisive. « Patrimoine Suisse » et « Action Patrimoine Vivant » avaient déjà opposé leur mécontentement à l’encontre du premier projet pensé par Jean Nouvel. Pour remédier au manque d’espace du musée, l’architecte avait imaginé utiliser la cour intérieure pour y construire un nouveau bâtiment qui aurait pris ses appuis sur les murs de l’ancien. Cependant, l’élévation qu’il avait envisagée dépassait les normes autorisées dans un quartier abritant des monuments historiques, ce que n’avaient pas manqué de faire remarquer les défenseurs du patrimoine. En outre, il s’était attiré leurs foudres pour la dénaturation du bâtiment historique que causerait le « bourrage » de sa cour, qui viendrait de plus obstruer ses fenêtres et le priver de lumière naturelle.

Sous la menace du référendum populaire, le projet avait été modifié pour mieux répondre aux critiques des associations. Le 7 février 2013, un projet revu avait été présenté, prévoyant cette fois-ci un bâtiment totalement indépendant de l’ancienne bâtisse, avec une élévation moindre, mais comblant toujours la cour au grand dam des associations qui ne changent pas leur position sur ce point : « nous ne voulons pas du plateau au rez-de-chaussée qui détruit la cour. Et ces mezzanines, c’est du vent » a précisé un représentant d’ « Action Patrimoine Vivant ». Elles souhaitent que les extensions prennent place en sous-sol.

Leurs représentants demandent maintenant à rencontrer les autorités afin d’entamer de nouvelles négociations, sous peine d’envisager la solution la plus radicale, le référendum, qui ferait à coup sûr capoter le projet architectural pour de bon.

Le MAH a été construit en 1910 par Marc Camoletti. Il figure à l’inventaire fédéral des biens culturels d’importance nationale mais il n’a pourtant jamais été restauré. Traînant depuis plus de dix ans, le projet d’extension qui vise à améliorer la conservation de ses collections ne devrait pas voir le jour de sitôt, d’autant que les mécènes ayant promis leur financement menacent de se retirer si le projet ne se concrétise pas rapidement.

Légende photo

le MAH (Musée d'Art et Histoire) à Genève - Suisse - © Photo mpd01605 - 2008 - Licence CC BY-SA 2.0

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