Dimanche 29 novembre 2020

Littérature

Le "nouveau" roman des expositions

Par James Benoit · L'ŒIL

Le 22 novembre 2017 - 344 mots

Portées par l’engouement récent pour les déclinaisons sous forme romancée d’œuvres artistiques, picturales ou architecturales, les éditions de la Rmn-GP, habituées aux publications de catalogues d’exposition, d’ouvrages scientifiques, de guides, d’albums ou de beaux livres, proposent pour la première fois de leur histoire éditoriale une collection de littérature nommée Cartels.

Son principe est de faire se rencontrer l’inspiration de grands auteurs du XXIe siècle et les œuvres des artistes majeurs de l’histoire de la peinture. Les deux premiers titres proposés, Rien que Rubens de Philippe Forest [115 p., 14,90 €] et Et la terre de leur corps de Zoé Valdès [64 p., 14,90 €] donnent le ton et un panel des possibilités offertes par ce type de production.

Le premier se présente sous la forme d’un essai érudit et sensible, à la première personne, qui dépeint à la fois la vie de Rubens, sa peinture et ce qu’elles peuvent évoquer à notre époque.
Le deuxième s’attarde sur un portrait romancé de la fin de vie du peintre, sous la forme d’une nouvelle, et fait la part belle au style et à la littérature.

Ce rapprochement entre la forme du roman, la philosophie ou la psychologie et les arts n’est pas nouveau. Aussi, il n’est pas rare dans la biographie des grands auteurs, des grands poètes, d’y retrouver une mise en abyme d’une œuvre picturale qui vient s’inscrire comme un diamant dans la leur. Ce qui l’est plus en revanche, c’est la systématisation de ces procédés à l’occasion d’une exposition ainsi que la programmation de publications littéraires grand public de cet ordre en accompagnement des traditionnels catalogues d’expositions.

Cependant, le principe fonctionne, et la première constatation qui viendra à l’esprit à la lecture de ces beaux textes est que nous sommes parfois plus disposés à ouvrir un questionnement sur la pensée d’un artiste et à aboutir sur une compréhension profonde sur son œuvre par l’imprégnation d’un récit passé au filtre du point de vue d’un romancier, que par l’exposition de dates, de faits et de traits des manuels d’histoire de l’art, seraient-ils très bien tournés.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°707 du 1 décembre 2017, avec le titre suivant : Le "nouveau" roman des expositions

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