Le musée lyonnais de la Seconde Guerre mondiale rouvre ses portes

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 13 novembre 2012 - 507 mots

LYON [13.11.12] – Mercredi 14 novembre, le ministre aux Anciens Combattants Kader Arif et le président de l’association des fils et des filles de déportés juifs de France Serge Klasferld, aux côtés d’anciens résistants, participent à l’inauguration du nouveau CHRD (Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation).

De Gaulle avait décerné, le 14 septembre 1944, la palme de la « résistance » à la ville de Lyon – baptisée alors « capitale de la résistance. Le musée lyonnais a vu le jour dans un lieu symbolique de la répression, l’ex-école du service de santé militaire ayant servi de siège à la Gestapo dirigé par ledit « boucher de Lyon ».

Comme pour perpétuer « l’atmosphère de ces années noires », telle que souligné par Marion Vivier, attachée de conservation du centre rénové, le musée présente ainsi, vingt années durant - jusqu’à ce que les travaux de rénovation ne démarrent en 2011 - une série de reconstitutions d’objets de la période. Ici, un wagon de déportation. Là, une cave aménagée en imprimerie clandestine. Le cadre se veut volontairement oppressant, plongeant le visiteur tour à tour dans la nuit de la clandestinité et de la peur, puis dans celle plus claire de la résistance et de l’espoir.

Les travaux de rénovation achevés depuis peu, l’inauguration du nouveau centre mercredi, compte notamment la présence du ministre aux Anciens Combattants Kader Arif, du président de l’association des fils et des filles de déportés juifs de France Serge Klasferld, ainsi que quelques anciens résistants, avant d’ouvrir ses portes au public vendredi.

Pour marquer la différence avec l’ancienne version, le nouveau CHRD (Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation) emploie divers procédés. A commencer par la présentation d’objets divers qui reposaient dans ses réserves, tel un bout du parachute utilisé en janvier 1942 par Jean Moulin, envoyé par le général de Gaulle pour fédérer les principaux mouvements de résistance non communistes de la zone non occupée. Régis Le Mer, documentaliste au CHRD, précise : « L’intérêt est ce que représente l’objet, son histoire, par qui il a été utilisé et à quel endroit. » Ainsi, sont présentés également une tenue de déporté, un drapeau nazi qui flottait place Bellecour à Lyon ou encore un poste émetteur-récepteur d’un radio technicien du quartier de la Croix-Rousse.

Afin de rendre compte du visage de la ville de Lyon pendant la guerre – et notamment la vague de répression menée dans les années 1943-1944 et la déportation de plus de 4 000 juifs de la région à destination d’Auschwitz - le centre a ainsi procédé à l’exploitation d’archives françaises et allemandes.

Le temps fort du musée est constitué de 700 témoignages audiovisuels d’hommes et de femmes résistants ou déportés, recueillis depuis la fin des années 1980. Lesquels participent à ce jour, à l’une des collections les plus importantes de France. Ainsi, les témoins – en leur qualité de « passeurs de mémoire » - sont régulièrement sollicités.

En savoir plus

Consultez la fiche du Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD)

Légende photo

Centre d'histoire de la résistance et de la déportation, Lyon - Photo Alorange - 2008

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque