Le Metropolitan Museum accusé d'avoir enlevé de ses vitrines des images de Mahomet

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 13 janvier 2010 - 323 mots

NEW YORK (ETATS-UNIS) [13.01.10] – Le Metropolitan Museum suscite la polémique à New York : les vitrines de la galerie d'art islamique se sont vues dégarnir des représentations de Mahomet. Selon le New York Post, ces retraits seraient dus à la volonté du musée d'éviter la controverse avec les musulmans radicaux. Le quotidien s'interroge : le Met aurait-il peur du Jihad ?

A New York, un réaménagement des vitrines au Metropolitan Museum a déclenché une certaine agitation. Des œuvres représentant le Prophète Mahomet ont disparu des vitrines de la galerie d'arts islamiques.
Selon le New York Post, celles-ci pourraient ne pas être présentées après la rénovation de la galerie en 2011.

Pour certains, le Metropolitan Museum cultive depuis longtemps une politique d'évitement des sujets jugés « sensibles » et voudrait éviter par ce retrait une polémique sur la représentation de Mahomet ravivée par la controverse sur les caricatures du prophète au Danemark.

Selon le musée, trois œuvres sont concernées dans cette affaire, des œuvres qui « ne correspondent pas au thème de l'exposition permanente » du moment, selon un porte-parole du musée. De plus, la galerie est en cours de rénovation, et certaines pièces doivent être déplacées, au gré des travaux.

La polémique semble un peu vaine, mais intervient alors que le musée vient d'annoncer un changement de nom de la galerie. « La galerie d'art islamique » va être rebaptisée « galerie des arts des pays arabes, de Turquie, d'Iran, d'Asie centrale et d'Asie du Sud-Est » , une terminologie compliquée que beaucoup taxent de politiquement correct.

Pour Kishwar Rizvi, professeur d'art islamique à l'Université de Yale, ce changement de nom est « une honte » : « il est maladroit et problématique de construire la présentation de ces arts en termes de frontières géographiques » .

Sur la représentation de Mahomet dans les arts, l'historien rappelle que le contexte historique est primordial pour comprendre que les interdictions de représentations ne sont pas dogmatiques et figées dans le monde musulman, des pays arabes à l'Asie du Sud-Est.

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