Le MASS MoCA s’agrandit pour accueillir des installations démesurées

Par Kate Deimling (Correspondante à New York) · lejournaldesarts.fr

Le 20 novembre 2014 - 540 mots

NORTH ADAMS (MASSACHUSETTS, ETATS-UNIS) [20.11.14] - Le MASS MoCA vient d’annoncer un programme ambitieux d’installations, ainsi qu’un projet d’agrandissement qui en fera un des musées d’art contemporain les plus grands des Etats-Unis.

Situé dans la ville de North Adams, dans le Massachusetts, le MASS MoCA occupe un complexe d’anciennes usines sur un terrain de 6,5 hectares. Lundi 17 novembre, le musée a annoncé la rénovation d’une usine désaffectée d’une superficie de plus de 11 000 mètres carrés. A titre de comparaison « l’ancien Whitney Museum mesurait 25 000 square feet (2 300 m²) » affirme Joseph Thompson, le directeur du MASS MoCA.

Après la rénovation, qui devra se terminer en 2017, le nouveau bâtiment accueillera des installations de Louise Bourgeois, Robert Rauschenberg, Jenny Holzer et James Turrell. Ce sont tous des prêts à long terme, entre quinze et vingt-cinq ans, qui comportent une possibilité de renouvellement. Le musée a déjà conclu des accords semblables : il expose des ouvrages de Sol LeWitt depuis 2008 pour une période de 25 ans et trois installations d’Anselm Kiefer (depuis l’été 2014) pour une période de 15 ans.

Seront également présentées entre six et huit sculptures en marbre de Louise Bourgeois qui datent des années 60 jusqu’à la fin de sa vie. La structure de l’ancienne usine se prête à merveille à ces œuvres gigantesques, « dont certaines sont si lourdes qu’elles ne sont jamais sorties de son atelier et n’ont pas été visibles », selon Joseph Thompson. Neuf ou dix pièces de James Turrell seront prêtées par sa famille ou le Musée Guggenheim, et l’artiste créera deux œuvres nouvelles pour le site, dont l’une est prévue pour une ancienne citerne. « Si l’on fabrique une telle œuvre pour un site, elle ne pourra plus exister ailleurs », explique Joseph Thompson, en ajoutant qu’il se peut que l’artiste fasse don de ces nouvelles œuvres au musée.

L’Etat de Massachusetts finance presque la moitié des coûts du projet (25,4 millions de dollars ou 20,3 millions d’euros), et 30 millions de dollars (24 millions d’euros) viendront de sources privées. Avant de lancer la campagne, le musée a déjà obtenu 13,65 millions de dollars (10,9 millions d’euros) de son conseil d’administration et d’un particulier qui a fait don de plus d’un million de dollars mais dont le directeur n’a pas encore voulu révéler le nom. De plus, les fondations d’artistes impliquées dans les projets contribueront aux frais d’installation.

Le musée est bien situé pour accueillir le tourisme culturel : la région des montagnes Berkshire dans le Massachusetts organise des festivals de danse et de musique très connus. Depuis son ouverture en 1999, le MASS MoCA a attiré un public de plus en plus nombreux (162 000 visiteurs pour l’année 2013) par son programme varié d’installations, de performance et de musique contemporaine. Sans collection permanente, ce jeune musée mise désormais sur sa taille en hébergeant des installations à grande échelle que la plupart des institutions muséales ne peuvent pas exposer, faute de place. Joseph Thompson résume la mission du musée ainsi : « Nous réunissons pour le public des œuvres d’art qui dans d’autres circonstances pourraient être dispersées. Nous profitons de ces bâtiments qui peuvent être rénovés de manière économe — des bâtiments industriels, bruts et rudes. » 

Légendes photos

Le MASS MoCA vue de la Marshall Street, North Adams, Massachusetts - © Photo Beyond My Ken - 2012 - Licence CC BY-SA 4.0

Le MASS MoCA - © Photo Beyond My Ken - 2012 - Licence CC BY-SA 4.0

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