Mercredi 16 octobre 2019

Le Gwoka de la Guadeloupe et 33 autres traditions deviennent patrimoine immatériel de l’humanité

Par Nathalie Eggs · lejournaldesarts.fr

Le 1 décembre 2014 - 758 mots

PARIS [01.12.14] – Sur 46 candidatures, 34 éléments ont été approuvés lors de la neuvième session du Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Parmi les traditions inscrites au patrimoine culturel de l’humanité, la France se distingue avec le Gwoka de la Guadeloupe.

A l’issue d’une réunion de cinq jours au siège de l’UNESCO à Paris, le Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a publié vendredi 28 novembre la liste des traditions retenues pour figurer sur les deux listes du patrimoine immatériel : la liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, et la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Au total, ce sont 34 pratiques et expressions culturelles du patrimoine immatériel qui ont été retenues par le Comité, présidé cette année par le Péruvien José Manuel Rodríguez Cuadros. Douze candidatures ont été rejetées.

Distincte des listes des sites naturels ou culturels, « la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel est ambitieuse, généreuse, et à maints égards, d’avant-garde. Elle reconnaît les communautés comme les acteurs principaux de l’identification et de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel », a déclaré Alfredo Pérez de Armiñán, Sous-Directeur général pour la culture à l’UNESCO.

Suite à la décision du Comité, la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité est portée à 316 éléments, assurant ainsi une plus grande visibilité aux traditions et aux savoir-faire inscrits. Parmi les 31 éléments sélectionnés pour cette liste, figure une tradition française : le Gwoka de la Guadeloupe, expression culturelle et artistique, associant la musique, le chant et la danse, introduite par les Africains déportés et asservis. « L'Unesco consacre ainsi un patrimoine vivant, hérité de la lutte contre l'esclavage et décliné aujourd'hui sous les formes les plus contemporaines », a souligné Philippe Lalliot, ambassadeur de France auprès de l'Unesco. Il s’agit du treizième élément français inscrit sur la cette liste de l'Unesco.

La préparation du pain traditionnel, le lavash (Arménie), le cercle de capoeira (Brésil), la tradition du sauna à fumée dans le comté de Võru (Estonie), la pratique agricole traditionnelle de la taille de la vigne en gobelet de la communauté de Pantelleria (Italie), le washi, savoir-faire du papier artisanal traditionnel (Japon), connaissances et savoir-faire traditionnels liés à la fabrication des yourtes (Kazakhstan – Kirghizistan), Al-Zajal, poésie déclamée ou chantée (Liban), la sortie des masques et marionnettes de Markala (Mali), les pratiques et savoir-faire liés à l'arganier (Maroc), les pratiques et expressions de la parenté à plaisanterie (Niger), la fête de la Virgen de la Candelaria de Puno (Pérou), le cante alentejano, chant polyphonique de l'Alentejo (sud) (Portugal), font également partie des éléments retenus par le Comité.

Les pratiques en danger
La liste de sauvegarde urgente du patrimoine culturel de l'humanité est quant à elle portée à 38 éléments inscrits. Recensant le patrimoine en péril, l’inscription permet aux États parties à la Convention de mobiliser l’assistance internationale nécessaire pour assurer la transmission de ces pratiques culturelles avec la participation des communautés concernées. Parmi les huit candidatures, trois ont été retenues : la tradition orale Mapoyo du Venezuela, menacée de disparition en raison de l'émigration et de l'industrialisation ; la cérémonie de purification des garçons chez les Lango du centre-nord de l’Ouganda et la danse Isukuti des communautés Isukha et Idakho de l’ouest du Kenya. Cette inscription permettra aux Etats concernés de mobiliser la coopération et l'assistance internationale nécessaires pour sauvegarder ce patrimoine en péril.

La Belgique a par ailleurs été sélectionnée dans une autre catégorie, celle de la « meilleure pratique de sauvegarde du patrimoine », pour sa préservation de l'art du carillon. Cette catégorie permet de partager des expériences de sauvegarde réussies afin de proposer un modèle qui a permis de relever les difficultés rencontrées au cours de la transmission et de la pratique du patrimoine vivant d’un groupe.

Composé de 24 membres, le Comité veille à l’application de la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, qui à ce jour compte 161 États parties. L’article 2 du texte définit le patrimoine culturel immatériel comme « les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés - que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel ». Ce patrimoine étant transmis de génération en génération, il « procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine » à ces communautés et groupe.

Groupe de Gwoka à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe)

Légendes photos

Cette photographie sur le gwoka, une des plus anciennes, daterait des années 20 - Source photo www.lameca.org

Le Carillonneur (Gravure Ancienne) - Revue chronométrique - 1890 - Source Wikimedia 

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