Dimanche 25 février 2018

Le futur musée de la tolérance à Jérusalem fait polémique

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 31 octobre 2008

JERUSALEM (ISRAEL) [31.10.08] – La cour suprême de l’état d’Israël autorise la construction d’un musée de la tolérance à Jérusalem, sur un site qui était autrefois un cimetière musulman. Cette décision provoque une vague de contestations.

Les autorités musulmanes ont exprimé leur indignation après la décision de la Cour suprême d’Israël d’autoriser la construction d’un musée de la tolérance sur le site d’un cimetière musulman à Jérusalem ouest, le 30 octobre 2008. Le musée, conçu par le célèbre architecte américain Franck O. Gehry, devrait s’élever dans le centre-ville moderne. Ce « Centre pour la dignité humaine – Musée de la Tolérance », complexe géant de 21.600 m² en pierre de Jérusalem, verre et titane bleu, coûterait 250 millions de dollars. Le projet est financé par le centre Simon Wiesenthal qui a édifié un musée éponyme à Los Angeles.

Le 29 octobre 2008, la Cour suprême d’Israël a finalement autorisé la poursuite des travaux sur le site après avoir ordonné leur gel en 2006 pour examiner le recours des organisations musulmanes opposées à la construction. Celles-ce avaient saisi la Cour après que les constructeurs eurent exhumé des centaines de squelettes au début des travaux. Le mufti palestinien de Jérusalem, cheikh Mohammad Hussein, a dénoncé la reprise de la construction comme « une décision grave », qui « porte atteinte aux lieux saints musulmans ». Il s’est dit étonné de ce que les promoteurs du projet aient baptisé Musée de la Tolérance un ouvrage « dont la construction constitue en fait un acte d’agression ».

La Cour suprême d’Israël a néanmoins imposé aux constructeurs de s’accorder avec les autorités israéliennes du patrimoine pour déterminer la façon dont seront enterrés tous les éléments qui pourraient être exhumés lors des travaux. Les constructeurs devront également créer une barrière entre les sépultures et les fondations du bâtiment. Selon le rapport de la Cour, le cimetière date de 300 ou 400 ans mais il n’a pas été utilisé depuis la création de l’état d’Israël en 1948. En outre, personne ne s’était opposé à la construction d’un parking sur ce même site en 1960. Face à la forte contestation, les avocats des promoteurs du musée, appuyés par la mairie de Jérusalem, se sont déclarés prêts à transférer les tombes sur une partie du cimetière qui ne sera pas touchée par les travaux, mais s’opposent à toute modification des plans.
[Source : Los Angeles Times]

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