Mercredi 19 décembre 2018

Le coffret de Froment-Meurice

Par Bertrand Dumas · L'ŒIL

Le 21 décembre 2017 - 380 mots

Avec l’achat d’un spectaculaire coffret néogothique, le Louvre complète sa collection d’œuvres de Froment-Meurice.

3e version 
En 1849, Froment-Meurice expose une seconde version du coffret de 1844 qu’il réalise, cette fois-ci, en fer forgé. Il se distingue de l’exemplaire du Louvre, en argent et plaqué argent, par la couronne comtale qui surmonte son couvercle. Ce second exemplaire appartint à Louis-Philippe d’Orléans, comte de Paris (1838-1894). Contrairement à ce qu’indiquait la SVV Thierry de Maigret, le coffret de 1849 ne peut être confondu avec celui du Louvre, dans lequel il faut reconnaître une troisième version.

Froment-Meurice
La mère de François-Désiré, veuve de François Froment, épouse en secondes noces un autre orfèvre : Pierre Meurice, qui, dès 1832, reprend l’atelier familial. À la suite de ce dernier, François-Désiré Froment-Meurice, né en 1802, lui succède et s’impose rapidement comme le plus important orfèvre parisien de la monarchie de Juillet. Avant l’entrée du coffret au Louvre, le musée parisien ne possédait pas d’exemple d’œuvre de style néogothique, pourtant fort prisé par cet artiste. Il rejoint, entre autres créations majeures, le vase de style néorenaissance (vers 1840) offert par la Ville de Paris à l’ingénieur Emmery, ainsi que la Coupe des vendanges (vers 1844). Il meurt au sommet de sa gloire en 1855.

1844
Le coffret du Louvre dérive d’un premier modèle en fer fondu présenté inachevé à l’Exposition des produits de l’industrie, à Paris, en 1844. Ce prototype était, disait-on à l’époque, la copie d’un coffre connu des antiquaires sous le nom de coffre des ducs de Bourgogne. Ce modèle reste à identifier.

14 300 €
Lors de la dispersion de la collection Jean Lafont par l’étude Thierry de Maigret, à Drouot, le 22 septembre dernier, le Louvre préemptait ce coffret en argent signé Froment-Meurice pour la somme de 14 300 euros, frais inclus.

Jean Lafont
Le dernier propriétaire du coffret était le célèbre manadier et directeur artistique des Arènes de Nîmes Jean Lafont, décédé le 13 janvier 2017, à l’âge de 94 ans. Dans sa propriété camarguaise du mas des Hourtès, le créateur de la fameuse discothèque La Churascaia possédait un bel ensemble d’œuvres de style troubadour, dont une version autographe du Larmoyeur, célèbre composition du peintre Ary Scheffer (1785-1848), achetée par le Musée de la vie romantique (Paris) pour 23 400 euros, frais inclus.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°708 du 1 janvier 2018, avec le titre suivant : Le coffret de Froment-Meurice

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