Mercredi 13 novembre 2019

Le buste de Jean Deydé

Christophe Veyrier

Par Bertrand Dumas · L'ŒIL

Le 3 octobre 2017 - 427 mots

Le Musée Fabre vient d’acquérir un buste baroque d’une grande importance patrimoniale pour avoir été sculpté pour une chapelle de la cathédrale de Montpellier.

Christophe Veyrier
Christophe Veyrier et ses trois frères, sculpteurs comme lui, exploitaient une carrière de marbre située près de Trets (Bouches-du-Rhône), leur ville natale. Dès 1663, Christophe est mentionné à Gênes, auprès de son maître Pierre Puget, avant de gagner Rome, en 1668, où il s’imprègne des œuvres baroques du Bernin, de Pierre de Cortone et de Francesco Borromini. Sa formation transalpine achevée, il rentre à Toulon en 1670, puis s’installe à son compte à Aix-en-Provence. Deux ans plus tard, il s’en retourne à Toulon où il reçoit d’importantes commandes du clergé local dont témoigne encore le spectaculaire retable de la chapelle de la confrérie du Corpus Domini dans la cathédrale Notre-Dame-de-la-Seds. En 1686, il prend la tête de l’atelier de sculpture de l’arsenal de Toulon, fonction qui avait été celle de Puget, et qu’il conservera jusqu’à sa mort en 1689.

1684
Quand le sculpteur Pierre Puget reçoit, vers 1668, la commande du monument funéraire de Catherine et Jean Deydé, il confie la réalisation des sculptures à son gendre Christophe Veyrier qui livre, en 1684, les bustes des défunts positionnés de part et d’autre de leur urne funéraire, elle-même en marbre blanc.

Chapelle funéraire
De la chapelle de la famille Deydé, sise en la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier, ne restent en place que quelques éléments sculptés du décor mural réalisé par le marbrier génois Francesco Massetti, ainsi que deux tableaux d’autel : une Fuite en Égypte de Giovanni Battista Carlone, contemporain des travaux de Puget, et un Songe de saint Joseph de Nicolas Mignard, antérieur à ceux-ci. Quant aux trois sculptures par Veyrier, les deux bustes et l’urne funéraire, elles quittèrent l’édifice entre 1769 et 1776 mais furent conservées par la famille Deydé jusqu’à la Première Guerre mondiale, avant de passer sur le marché de l’art.

78 000 €
Le Musée Fabre, dont il faut saluer la remarquable politique d’acquisitions, a acquis par préemption ce buste en marbre sculpté par Christophe Veyrier (1637-1689) pour la somme de 78 000 € (sans les frais) lors de la vente Leclère, à Drouot, le 30 juin 2017.

Jean Deydé
Ce buste représentant Jean Deydé (1617-1687), conseiller du roi à la cour des comptes de Montpellier, rejoint au Musée Fabre celui de son épouse Catherine Ortholan (acquis en 2000) conçu par Veyrier en pendant du premier. Signalons que le musée s’était aussi porté acquéreur, en 1997, du portrait de leur fille unique, Constance Deydé, sculpté par un artiste proche d’Antoine Coysevox.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°705 du 1 octobre 2017, avec le titre suivant : Le buste de Jean Deydé

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