Laurent Fabius signe des contrats de promotion touristique avec onze territoires

Par Cléo Garcia · lejournaldesarts.fr

Le 18 décembre 2014 - 699 mots

PARIS [18.12.14] – En signant avec onze territoires des « contrats de destination », le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius veut créer des « marques de territoires » dans le but de gagner en visibilité à l’international et d’attirer davantage de touristes.

« La France est, en matière touristique, un peu comme un élève surdoué, qui ne donne pas encore sa pleine mesure », a déclaré Laurent Fabius lors de la signature des nouveaux « contrats de destination » mardi 16 décembre 2014 au Quai d'Orsay. Avec un dispositif mettant en avant onze territoires sélectionnés, Laurent Fabius espère faire gagner ceux-ci en visibilité avec l’objectif d’atteindre les 100 millions de touristes internationaux. En 2013, le pays en a accueilli 84,7 millions.

S’il considère la France comme une « élève surdoué » en matière de tourisme, il déplore que les touristes ne restent selon lui « pas assez longtemps » et ils « ne dépensent pas suffisamment ». « Les Espagnols accueillent 25 % de touristes de moins que nous mais ça leur rapporte 25 % en plus », souligne-t-il. Le ministre regrette également que les visiteurs qui se rendent en France se concentrent essentiellement à Paris et dans seulement « deux ou trois régions ». Les contrats signés mardi seraient une réponse à ce problème, en partie grâce à l’association de chaque territoire à des thématiques particulières, supposées créer des « marques de territoires ».

« Contrat de destination »

Décrit comme un « outil de développement touristique », le contrat de destination établit un partenariat entre pouvoirs publics (Etat, collectivités territoriales, institutionnels du tourisme, etc.) et intervenants privés (hôtels, restaurants, transporteurs, prestataires d’activités sportives et de loisirs, etc.) dans le but d’attirer davantage de visiteurs étrangers. Des contrats de destination ont déjà été signés dans le passé, comme celui mis en place autour du centenaire de la Grande Guerre. Mais avec cette nouvelle formule, l’ambition est de créer ce que le gouvernement appelle « une marque de territoire ». « Comme on parle d'une marque commerciale », explique le ministre des Affaires étrangères. A l’été 2014, un appel d’offres avait été lancé et une quarantaine de dossiers avaient été envoyés en réponse. Au mois de novembre 2014, le comité de sélection en a sélectionné onze. Selon Laurent Fabius, le choix était alors conditionné par trois critères principaux : la lisibilité suffisante de la marque de territoire au plan international, un « grand nombre possible de partenaires » réunis autour du projet et l'adéquation du budget avec les objectifs de promotion internationale.

Thématiques
Pour cela, chacun des contrats ciblera les touristes en mettant l’accent sur des thématiques « porteuse[s] ». Les onze territoires choisis, les Alpes, l'Auvergne, la Baie du Mont-Saint-Michel, Biarritz, Bordeaux, la Bourgogne, Lyon, le massif des Vosges, les montagnes du Jura, le Val-de-Loire, ainsi que la Normandie et l'Ile-de-France qui forment une unité, se verront donc attribuer un thème permettant de gagner une image de marque au-delà des frontières. Biarritz sera par exemple la « destination golf », Bordeaux et la Bourgogne seront associés à l’œnologie, l’Auvergne à « la santé et le bien-être », Lyon à la gastronomie, et le Val-de-Loire au patrimoine architectural pour ses célèbres châteaux. Pour la Normandie et l’Île-de-France, c’est le thème de l’impressionnisme qui a été retenu « car cela nous permet de toucher immédiatement des marchés lointains qui sont pour nous des marchés de conquête, comme le Japon et l'Amérique », explique François Navarro, le directeur du Comité régional du tourisme (CRT) de Paris-Île-de-France.

Chacun des territoires recevra 75 000 euros de dotation de l'Etat sur un période de trois ans, dont la moitié « avant Noël ». « Les sommes arriveront bientôt, je m'en suis assuré auprès du ministère du Budget », a souligné Laurent Fabius. Suivront ensuite 30 % en 2015 et 20 % en 2016. Christian Mantei, le directeur général d'Atout France, un organe de promotion du tourisme français, estime qu’« un dispositif d'une telle envergure manquait au développement des territoires ». « La dynamique de partenariat va créer un effet levier : l'Etat met 75 000 euros dans chaque contrat mais à la sortie, on aura 5 à 10 fois plus », assure-t-il à l’AFP.

Légende photo

Laurent Fabius - © Photo Wikimedia Commons - 2013 - Licence CC BY-SA 3.0

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