La vente d’art russe à New York par Sotheby’s en forte baisse par rapport à 2008

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 24 avril 2009

NEW YORK (ETATS-UNIS) [24.04.09] – Avec 13,8 millions de dollars, la vente de printemps de Sotheby’s d’art russe à New York dépasse de peu son estimation basse. En 2008, cette vente réalisait un CA de 46,5 millions de dollars.

Sotheby’s tenait le 22 avril à New York la première grande vente d’art russe en 2009. La maison de vente a réalisé à cette occasion un chiffre d’affaires de 13,8 millions de dollars alors qu’elle avait estimé la valeur des lots dispersés entre 12,5 et 17,5 millions de dollars. 35% des 308 lots n’ont pas trouvé preneur, rapporte Katya Kazakina de Bloomberg.

En novembre dernier, au plus fort de la crise, la même vente rapportait encore 36,9 millions. Soit une baisse assez faible par rapport au 46,5 millions de la vente d’avril 2008, à l’apogée de la flambée des prix de l’art. Comme d’habitude, le marché de l’art aura réagit avec un décalage de quelques mois à la chute des cours de la bourse.

L’art russe était l’un des marchés « émergents » ayant le plus porté la bulle spéculative des dernières années. La Russie a beaucoup souffert de la crise. On trouvait 110 milliardaires à Moscou l’an dernier alors que l’on en compte plus que 32 aujourd’hui. Le Forbes Russia Magazine rapporte que les 100 russes les plus riches ont perdu 73% de leur fortune.

Dans ce contexte, Sotheby’s ne pouvait que s’inquiéter du résultat de sa vente. Karen Kettering, vice présidente et spécialiste d’art russe, déclarait prudemment la veille à Artinfo : « c’est difficile de savoir comment se passera cette vente ». Mais elle s’empressait de relativiser toute chute prévisible de ce marché en rappelant que « les ventes d’art russe n’existaient pas il y a seulement dix ans ».

Deux lots ont cependant dépassé le million de dollars, dont la très attendue peinture marine de Ivan Alvazovsky réalisée en 1893 pour la foire de Chicago en l’honneur des 400 ans de la découverte de l’Amérique vendue à $1,6 million.

Ce qui n’empêche pas un marchand new-yorkais de déclarer « il n’y avait pas de chef-d’œuvre à cette vente parce que ce n’est pas le bon moment pour vendre de belles pièces ». A l’opposé de cette opinion, Georgy Khatsenkov, un collectionneur installé à Monaco, tire profit de la situation : « Pour moi la crise est un cadeau. J’ai acheté deux peintures à des prix plus bas que ce que j’attendais ».

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