La SNCF s'engage enfin à restaurer la gare Lisch

Par Margot Boutges · lejournaldesarts.fr

Le 15 mai 2015 - 440 mots

ASNIÈRES-SUR-SEINE [15.05.15] - La SNCF a annoncé le lancement d'études qui devront permettre le démontage et la restauration de la gare Lisch, abandonnée à la ruine depuis des décennies. Bâti pour l'exposition universelle de 1878, l'édifice pourrait être remonté à Paris.

La SNCF s'engage enfin dans la restauration de la gare Lisch qui tombe en ruine au fond de l'impasse des Carbonnets d'Asnières-sur-Seine. L'entreprise ferroviaire, propriétaire de l'édifice, a publié le 7 mai 2015 un communiqué annonçant avoir « lancé des études qui devront permettre le démontage et la restauration de la gare ». Bâti par l'architecte Juste Lisch pour assurer la desserte de l'exposition universelle du Champ-de-Mars de 1878, à Paris, le bâtiment de fer, de verre, de briques vernissées et de carreaux de céramique avait été démonté vers 1897 et remonté à Asnières où il a cessé d’abriter la gare en 1936. Jamais entretenu par la SNCF (anciennement RFF), en dépit de son inscription au titre des Monuments Historiques en 1985, le bâtiment s'est dégradé au fil du temps.

Si la question de la réhabilitation de l'édifice a agité associations et collectivités territoriales depuis les années 1980, le propriétaire a toujours refusé de restaurer le bâtiment sur place, désirant développer l'activité ferroviaire de ce site et n'entendant pas céder un mètre de terrain à proximité. Depuis 2014, des bâtiments de la SNCF ont d'ailleurs poussé aux abords de la gare (qui jouxte une voie de garage liée à la ligne Paris-Saint Lazare Ermont-Eaubonne) pour servir de base aux travaux d'amélioration des voies. En 2013, plusieurs responsables des services déconcentrés du ministère de la Culture avaient déclaré au Journal des Arts que le déplacement du bâtiment est tout à fait envisageable. « La restauration de l'édifice prévoit d'ailleurs un démontage pièce par pièce, brique par brique, rivet par rivet », expliquait l'architecte des Bâtiments de France Matthieu Cottenceau.

Les discussions sont aujourd'hui en cours pour savoir où pourrait être déplacé l'édifice. Si la SNCF, contactée par Le Journal des arts, se refuse à tout commentaire, l'association des amis du château et du vieil Asnières -qui a ardemment soutenu le transfert de la gare et sa restauration ces dernières années- nous a confié que l'édifice doit revenir dans la capitale et que c'est avec la mairie de Paris qu’ont lieu actuellement les négociations.

Le collectif rival « gare Lisch – Opération Renaissance » qui milite depuis 2012 pour que la gare ne quitte pas son emplacement et soit réhabilitée en « cité du voyage » a exprimé sa déception sur son compte facebook. Aux abords du monument, des portraits d'Asniérois - marquant leur soutien à ce projet- sont toujours accrochés.

Légendes photos

Portraits de soutiens du projet "Gare Lisch - Opérations Renaissance" affichés devant la gare Lisch (côté Nord-Ouest)
La Gare Lisch (côté Sud-Est) au côté d'un nouveau bâtiment de la SNCF
© photos prises le 12 mai 2015 par Margot Boutges pour LeJournaldesArts.fr

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