Mercredi 23 octobre 2019

La session de l’Unesco à Doha rend ses premières décisions concernant le patrimoine mondial en péril

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 19 juin 2014 - 469 mots

DOHA (QATAR) [19.06.14] – Réuni du 15 au 25 juin 2014, la 38e session du Comité du patrimoine mondial va examiner les candidatures à l’inscription sur la liste de l’UNESCO. Pour l’heure le Comité s’est prononcé sur les sites relevant du patrimoine en péril.

La ville de Potosi, en Bolivie, a été ajoutée à la liste du patrimoine mondial en péril par le Comité de l’UNESCO. Sur le fondement de la Convention de 1972, les Etats membres de ce comité ont pris cette décision « en raison des activités minières incessantes et incontrôlées dans la montagne du Cerro Rico qui risquent de dégrader le site ». Considérée comme le plus grand complexe industriel du monde au XVIème siècle, ce site est en effet menacé d’effondrement et souffre de carences en matière de conservation. C’est l’ensemble de ce site – classé au patrimoine mondial en 1987 -, qui devra être surveillé : les monuments industriels, la ville coloniale, l’église de San Lorenzo ainsi que les demeures nobles et les quartiers ouvriers.

Le site tanzanien des Ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara a été retiré de la liste du patrimoine mondial en péril en raison de l’amélioration de sa situation. Inscrit sur cette liste en 2004 en raison de l’effondrement des structures historiques et archéologiques, ce site comprenant 2 villes est représentatif d’une prospérité due au commerce maritime dans l’océan Indien entre le XIIIème et le XVIème siècle.

Le Comité a également alerté le Royaume-Uni et l’Australie sur l’état de leur patrimoine. Il a fait part de ses préoccupations s’agissant du projet Elisabeth House qui menacerait directement « la valeur universelle » de Westminster. Selon le Comité, le Royaume-Uni aurait du modifier ce projet, et l’invite à « s’assurer que les propositions ne soient pas mises en œuvre dans leur forme actuelle mais révisées conformément aux préoccupations soulevées par l’English Heritage », une ONG britannique de défense du patrimoine.

L’Australie est priée de mettre en œuvre des mesures de protection de la Grande barrière de corail, ce qui lui éviterait un classement sur la liste du patrimoine mondial en péril. Ainsi, un rapport devra être remis au comité afin de détailler les actions et mesures de protection mises en œuvre. L’UNESCO déplore notamment l’adoption par l’Australie d’un « projet de déversement de 3 millions de mètres cubes de matériaux dragués sur le territoire, avant d’avoir réalisé une évaluation générale d’autres options », selon les propos recueillis par l’AFP.

L’inscription d’un site sur la liste du patrimoine mondial en péril permet aux spécialistes de répondre efficacement à des besoins spécifiques mais aussi d’apporter immédiatement au site menacé une assistance dans le cadre du Fonds du patrimoine mondial de l’UNESCO. Par ailleurs, elle a pour but d’alerter la communauté internationale et de les mobiliser pour agir en faveur des sites concernés.

Légendes photos

Vue du Cerro Rico, Potosi, Bolivie - © Photo Gerd Breitenbach - 2003 - Licence CC BY-SA 3.0

Les ruines du Fort du Port de Kilwa Kisiwani, Tanzanie - © Photo Martin H. - 2007 - Licence CC BY-SA 3.0 

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