La première vente d’arts décoratifs de Bonhams à Paris au Grand Palais déçoit

Par Marie Potard · lejournaldesarts.fr

Le 11 février 2013 - 573 mots

PARIS [11.02.13] – Avec plus de 62 % d’invendus, la première vente d’arts décoratifs de Bonhams, installée pour l’occasion au Grand Palais, n’a pas fait d’étincelles. Pourtant, le lieu cadrait bien avec le sujet de la vente, dédiée à l’Art Nouveau et l’Art Déco.

La vente « test » organisée par Bonhams le 7 février au Grand Palais n’a pas été un succès. Le cadre prestigieux et magique n’a pas suffi. Sur les 144 lots proposés à la vente, seulement 54 ont été vendu. Le produit total de la vente n’a atteint que 419 000 € avec les frais pour une estimation de 1,5 à 2 millions d’euros (hors frais).

Pour Catherine Yaiche, commissaire-priseur qui a dirigé la vente : « Je ne suis pas déçue. Le seul but de cette vente était d’être présent au Grand Palais avec la vente de voitures organisée à la suite [qui a été un succès]. C’est la volonté de montrer que Bonhams existe sur la place parisienne en matière d’objets d’art. On ne vend pas que des voitures ! ». Et de continuer « le marché n’est quand même pas facile. Ce n’est pas la question que ce soit des objets intermédiaires ou pas. Ce sont des objets qui ne sont plus trop à la mode ». De plus, les œuvres proposées n’avaient pas de provenance. « Quand il n’y a pas de collection historique ou privilégiée, ça ne facilite pas les choses, surtout en période de crise avec un marché difficile. C’est un marché très sélectif, tout ce qui est moyen est difficile mais il n’y a aucun souci pour les œuvres d’exception, hormis le fait qu’elles se raréfient et que les gens ne veulent pas vendre, attendant des jours meilleurs », explique Maître Yaiche.

L’œuvre remportant la plus forte enchère de la vacation est la Loïe Fuller (vers 1910) en bronze doré de François-Raoul Larche, reproduite sur la couverture du catalogue. Estimée 20 à 25 000 euros, elle a été adjugée 29 000 euros (prix marteau, soit 36 250 euros frais compris). Décorative, elle est aussi intemporelle, contrairement à la verrerie Daum et Gallé, très marquée « 1900 ». La vacation faisait d’ailleurs la part belle à la verrerie Art Nouveau mais celle-ci n’a pas séduit. Sur les 12 œuvres proposées d’Emile Gallé et Daum Frères, seules 3 ont été adjugées. Quant aux vases de René Lalique, 5 seulement ont trouvé preneurs sur les 25, dont le vase Sauterelles à 17 000 euros hors frais (est. 17 à 20 000 euros). « Décidément, les anglais convoitent plus que les français ce genre d’œuvres. Par respect pour la marchandise, il vaut mieux l’envoyer à Londres », se désole Catherine Yaiche.

Certains meubles, de bonne tenue, ont tout de même été adjugés, comme le meuble de salon d’Emile Gallé (vers 1900) échangé contre 16 000 euros hors frais (est. 15 à 20 000 euros) et le cabinet attribué à Alfred Porteneuve (vers 1930) acquis pour 28 000 euros hors frais (est. 32 à 38 000 euros). Les autres œuvres sont restées invendues. Quant au banc indiqué comme étant de François Rupert Carabin il a finalement été annoncé « dans le goût de » et a donc été ravalé (est. 35 à 40 000 euros).

Pour tirer de réelles conclusions sur l’état du marché Art Nouveau à Paris, il faut attendre la vente du 16 février 2013 organisée par Sotheby’s de l’ancienne collection du Garden Museum (Japon).

Légende photo

Catalogue de la vente Bonhams, Style et Elégance au Grand Palais du jeudi 7 février 2013 - source Bonhams

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