Mercredi 21 février 2018

La Galerie Kraemer placée en procédure de sauvegarde

Par Vincent Noce · lejournaldesarts.fr

Le 7 septembre 2016

PARIS [07.09.16] - La plus ancienne galerie en mobilier de Paris s’est placée sous la protection de la Justice, pour sauvegarder son patrimoine. Son directeur réaffirme son innocence dans l’affaire du faux mobilier de Versailles.

La galerie Kraemer se trouve placée sous une procédure de sauvegarde depuis le 22 juillet 2016. Fondée en 1875, installée dans un hôtel particulier près du parc Monceau, elle est la plus ancienne galerie en mobilier de Paris.

« Cette procédure qui est volontaire, parfaitement transparente, et réversible à tout moment, est destinée à permettre à la galerie de fonctionner dans une certaine sérénité », nous a indiqué Laurent Kraemer, son directeur. Il a tenu à nous préciser que la galerie, prise dans le tourbillon des affaires, « assumerait toutes ses responsabilités ».

Elle a déjà remboursé l’année dernière les 2 millions d’euros payés par un client londonien pour une paire de chaises, censée provenir du mobilier royal. En juin, l’expert Bill Pallot a avoué avoir fait fabriquer cette imitation des chaises réalisées pour Marie-Antoinette pour le Belvédère, dans le parc de Versailles. Ce dernier se trouve depuis en détention préventive à Osny (Val d’Oise), sans pouvoir même être entendu, puisque, à la suite de la mutation de la juge de Pontoise, aucun magistrat ne serait nommé avant octobre pour reprendre le dossier.

Mis en examen lui aussi, Laurent Kraemer réitère avec force sa « totale innocence ». « Il y a pu avoir des erreurs, mais jamais nous n'avons vendu un meuble sur lequel nous avions le moindre doute. Pour les deux chaises mises en cause, nous avons demandé un certificat d’exportation, impliquant l’expertise du service public au plus niveau, et qui a abouti à leur classement comme trésor national », rappelle-t-il. Il a notamment trouvé comme appui l’ancien conservateur du mobilier à Versailles, Christian Baulez, qui a tenu à témoigner pour dire, selon ses mots, que les Kraemer se trouvaient « du côté des innocents et non des coupables ».

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Laurent Kraemer © Galerie Kraemer / photo Jean-Daniel Lorieux

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