La Cour Internationale de Justice enjoint la Thaïlande de retirer ses troupes du site historique de Preah Vihear

Par Amélie Du Fretay · lejournaldesarts.fr

Le 13 novembre 2013 - 532 mots

LA HAYE (PAYS-BAS) [13.11.13] – La Cour Internationale de Justice, organisme dépendant de l’ONU, a confirmé lundi 11 novembre 2013 un arrêt de 1962 attribuant une zone entourant le temple de Preah Vihear à la souveraineté du Cambodge. Les forces militaires thaïlandaises sont priées de se retirer du site.

La Cour Internationale de Justice (CIJ), dont le siège est situé à La Haye, a rendu un arrêt, le lundi 11 novembre 2013 confirmant un précédent jugement de 1962, considérant qu’une partie de la zone qui entoure le temple de Preah Vihear appartient bien au Cambodge. La zone contestée, située à la frontière des deux pays, s’étend sur 4 km2 et entoure le temple Khmer. La Thaïlande revendique non le temple lui-même mais seulement cette zone, qui permet un accès plus aisé au site, situé en haut d’une falaise dominant la plaine cambodgienne. Les forces militaires des deux pays doivent donc se retirer, la Thaïlande ne devant en aucun cas faire obstacle à l’accès au temple de Preah Vihear.

Le Royaume du Cambodge avait en effet demandé le 28 avril 2011 à la CIJ d’interpréter l’arrêt « Temple de Preah Vihear » du 15 juin 1962 et de statuer sur les mesures à prendre pour faire cesser les incursions de la Thaïlande sur son territoire. En 2011, des affrontements opposant les forces militaires thaïlandaises et cambodgiennes avaient fait au moins 28 morts.

La topographie du lieu a rendu difficile l’attribution de la souveraineté du site à un seul territoire. Le temple, construit sur un éperon rocheux qui surplombe la plaine cambodgienne, dans la partie orientale de la chaîne des Dangrek, considérée comme la frontière entre les deux pays, est plus aisément accessible du côté thaïlandais. C’est en 1904 que la première carte moderne du lieu est tracée par la France, le Cambodge étant sous protectorat français, qui situe le site entre les deux pays. En 1907, une version actualisée le place plutôt du côté cambodgien.

Après l’accession du Cambodge à l’indépendance en 1953, la Thaïlande occupe le temple en 1954. Suite à l’échec des négociations, le Cambodge saisit la Cour Internationale de Justice de l’ONU en 1959 pour délibérer sur ce cas épineux. Le jugement, rendu le 15 juin 1962, se prononce alors en faveur du Cambodge, puisque la cour estime que la Thaïlande avait accepté tacitement le tracé de la carte de 1907. Elle avait alors ordonné le retrait des forces thaïlandaises.

La CIJ a statué hier sur l’interprétation des termes de l’arrêt de 1962, qui ordonnait le retrait des forces armées, de police, des gardes et gardiens, installés dans le temple et « dans les environs ». Elle a adopté une conception large de ce dernier terme, l’étendant à l’ensemble du territoire couvert par l’éperon de Preah Vihear.

Construit au XIe siècle, et classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, le temple de Preah Vihear est un des joyaux de l’architecture Khmer de la période des royaumes d’Angkor. Consacré au dieu Shiva, il est composé d’une série de sanctuaires reliés par un système de chaussées et d’escaliers. Pour protéger le site et le mettre à l’abri des conflits, la Cour a ordonné aux deux pays de créer une zone démilitarisée.

Légende photo

Temple Preah Vihear - © Photo William Brehm - 2010 - Licence CC BY 2.0 

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