Vendredi 22 novembre 2019

La copie du monument à l’Armée Noire de Reims est autorisée par la justice

Par Julien Rocha · lejournaldesarts.fr

Le 29 octobre 2013 - 447 mots

REIMS (CHAMPAGNE-ARDENNE) [29.10.13] - La copie du monument à l’Armée Noire de Reims détruit par les nazis, qui faisait l’objet d’une saisie judiciaire pour accusation de contrefaçon de la part d’une association de protection des œuvres du sculpteur original, a finalement été autorisée par la justice.

Le tribunal de grande instance de Nancy a levé le 25 octobre 2013 la saisie du contenu de l’atelier du restaurateur et mouleur de sculptures Jean-François Gavoty, prestataire choisi par la ville de Reims pour effectuer une copie du monument à l’Armée Noire élevé en 1924 pour honorer la mémoire des combattants d’Afrique noire tombés pour la France lors de la Première Guerre mondiale. La saisie avait été obtenue par l’association pour la protection de l’œuvre des sculpteurs Augustin et Paul Moreau-Vauthier, ce dernier étant l’auteur du monument original, au motif que la modification du socle relevait de la contrefaçon.

Le monument à l’Armée Noire, érigé à Reims et à Bamako sous l’égide du Comité aux héros de l’Armée Noire, avait été réalisé par le sculpteur Paul Moreau-Vauthier et l’architecte Auguste Bluysen. Il se composait d’un groupe en bronze représentant des soldats africains du corps d’armée colonial rassemblés autour d'un drapeau français porté par un officier blanc, placé sur un socle en granit africain en forme de fortin sur lequel étaient gravés les noms des principales batailles au cours desquelles les troupes africaines ont été engagées. En 1940, les troupes nazies avaient saisi puis détruit le monument.

En 2009, l'Association pour la mémoire de l'Armée noire (AMAN) a lancé, avec le concours de la ville de Reims, le projet de reconstruire à l’identique le monument sur la base de son jumeau survivant à Bamako. Jean-François Gavoty a été choisi pour ses capacités de mouleurs (on lui doit notamment les répliques de la statue équestre de Louis XIV par le Bernin qui se trouvent sur l’esplanade du Musée du Louvre et dans le parc du Château de Versailles). Son projet prévoit toutefois la substitution du socle en forme de fortin par une arche ouverte en format carré, similaire à la Grande Arche de la Défense.

Le tribunal de Nancy a reconnu que l’association n’était pas habilitée à agir au nom du sculpteur Paul Moreau-Vauthier car n’ayant pas la qualité d’ayant droit. Elle a été condamnée à verser 2 500 euros de dédommagement à Jean-François Gavoty, qui a pu récupérer son atelier pour pouvoir achever le monument.

La municipalité de Reims, qui s’est dite satisfaire du jugement, craint pourtant ne pas pouvoir inaugurer l’œuvre le 11 novembre 2013 comme prévu, compte tenu du retard provoqué par le litige judiciaire. L’association Moreau-Vauthier, quant à elle, conteste la décision et entend faire appel. (Avec AFP)

Légende photo

Monument aux héros de l'armée noiree à Reims conçu par Moreau-Vauthier et Auguste Blutssen - inauguré en 1924 et détruit par les allemands en 1940 - source Wikimedia

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque