Samedi 24 février 2018

La collection frauduleuse d’art pré-colombien de l’ancien diplomate contient de nombreux faux

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 20 avril 2010

MEXICO (MEXIQUE) [20.04.10] – Un rapport du gouvernement mexicain et de l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire (INAH) confirme la présence de nombreux faux dans la collection préhispanique du marchand Leonardo Patterson saisie en Allemagne en 2008.

Après examen des pièces de la collection d’objets d’art précolombiens – dont certains auraient été sortis illégalement du territoire mexicain – du marchand d’origine costa-ricaine Leonardo Patterson, les experts de l’INAH ont déclaré que plus de 250 objets sur les quelque mille pièces de la collection sont des copies modernes d’objets anciens, rapporte l’Associated Press.

L’affaire relatée par l’AFP remonte en avril 2008. La police de Munich saisit quelque 1 100 pièces d’antiquités prétendues authentiques parmi lesquelles des masques olmèques, des vases mayas, des pièces aztèques ou encore des parures funéraires incas qui faisaient partie de la collection d’un certain Leonardo Augustus Patterson. Le trésor d’une valeur globale de 65 millions d’euros était revendiqué par de nombreux pays d’Amérique latine dont le Costa Rica, le Pérou, le Mexique ou la Colombie.

Leonardo Patterson, un Costa-ricain de 66 ans installé en Allemagne, ancien diplomate à l’ONU qui s’est reconverti dans l’art était connu en Europe et dans le monde pour le commerce et l’exposition d’objets de provenance douteuse. Le quotidien espagnol El Pais le décrit comme un homme « à mi-chemin entre le collectionneur et le contrebandier ». Ce « voleur de trésors » a déjà été condamné aux Etats-Unis dans les années 1980 pour importation illégale de pièces archéologiques.

Les doutes sur l’authenticité de nombreuses pièces de sa collection s’accentuent en 1997 quand, suite à l’exposition de sa collection à Saint-Jacques de Compostelle, le gouvernement régional de Galice entreprend d’acquérir ce qu’il considère comme « la plus importante collection privée au monde d’art précolombien » pour 18 millions d’euros. Mais la transaction n’aura pas eu lieu après un rapport d’une archéologue dénonçant le « caractère douteux de la provenance des pièces ».

Après l’exposition, Patterson entrepose sa collection dans les sous-sols d’une entreprise de déménagement. Le trésor est découvert en décembre 2007 par la police espagnole. A la demande de la justice péruvienne, 31 pièces sont rendues au Pérou, mais le reste de la collection reste la propriété de Patterson qui transfert ses œuvres en Allemagne où elles ont été saisies en 2008 par la police bavaroise et ont fait depuis l’objet d’une étude pour déterminer leur authenticité.

L’INAH a déclaré que les 691 autres pièces sont authentiques et proviennent du Mexique et sont susceptibles d’être restituées au pays. La justice allemande qui n’a pour l’heure lancé aucune procédure contre Patterson doit déterminer quels sont les vrais propriétaires des pièces. En attendant, le gouvernement mexicain entend bien travailler avec les différentes autorités concernées par l’affaire pour récupérer ce précieux patrimoine.

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