Dimanche 28 février 2021

La chapelle de Saint-Jean-de-Monts sera-t-elle démolie ?

Par Margot Boutges · lejournaldesarts.fr

Le 5 mars 2015 - 655 mots

SAINT-JEAN-DE-MONTS (VENDEE) [05.03.15] - Un permis de construire prévoyant la démolition d’une chapelle art déco vendéenne a été récemment délivré. Les défenseurs de l’édifice vont demander une instance de classement au ministère de la Culture.

La chapelle Sainte-Thérèse de Saint-Jean-de-Monts (Vendée) s’apprête à faire l’objet d’une demande d’instance de classement. L’association Urgences patrimoine et William Chevillon -auteur d’une pétition de sauvegarde du lieu - vont demander la semaine prochaine au ministère de la Culture de protéger en urgence l’édifice censé être démoli et remplacé par une chapelle contemporaine.

Le 17 février 2015, un permis de construire prévoyant la reconstruction de l’édifice a en effet été signé par la Ville et délivré à la paroisse de Saint-Jean. Placés aux abords d’une avenue résidentielle menant à la plage, les deux bâtiments (accolés l’un à l’autre) constituant le lieu de culte doivent être démolis. Il s’agit là d’un bâtiment élevé dans les années 1960 (surnommé « le hangar » de par son caractère fruste) ouvert pour quelques messes estivales, mais aussi d’une chapelle bâtie entre 1925 et 1932 dans un style art déco, ouverte tous les jours aux promeneurs et à la dévotion privée.

Si l’édifice nécessite des travaux de rénovation (notamment le désamiantage des toitures du bâtiment moderne), le service de l’inventaire général du patrimoine culturel avait cependant jugé la chapelle en « bon état de conservation » en 2011. « Mais elle ne permet pas d’accueillir décemment les fidèles », déclare René Cougnaud, curé-doyen de la paroisse, évoquant des espaces non accessibles aux personnes à mobilité réduite. Décrivant d’abord des travaux de mise aux normes « qu’il aurait été trop couteux d’effectuer », le prêtre évoque aujourd’hui des travaux « impossibles à réaliser ». « Il faudrait raser la dune de sable sur laquelle se trouve la chapelle », déclare celui qui espère voir la construction d’un nouvel édifice (conçu par l’agence d’architecture OPS) pouvant également servir d’espace d’accueil de manifestations culturelles. « Un bâtiment dans lequel les vitraux de la chapelle [datant des années 1960 et décorés de scènes maritimes] seraient intégrés », précise-t-il.

Parmi les opposants au projet, plusieurs historiens de l’art protestent aujourd’hui contre la disparition de la chapelle d’origine. « L’édifice tire son originalité d’une synthèse entre des caractères art déco (les angles à pans coupé des fenêtres, le clocher vertical et géométrique) et la multiplication des lucarnes latérales façon chalet balnéaire », explique Louise Robin, spécialiste du patrimoine du littoral vendéen, qui dénonce « le peu d’intérêt des pouvoirs publics locaux pour le patrimoine récent. » En témoigne notamment le fait qu’un seul édifice soit labellisé patrimoine du XXe siècle dans ce département.

La démolition de la chapelle Sainte-Thérèse pourrait s’accompagner de celle d’un autre petit édifice cultuel, fermé au public depuis deux ans : la chapelle des Goélands, bâtiment en béton moderniste des années 1960. Selon le projet de la paroisse, la vente du terrain des Goélands devrait participer au financement du chantier de Sainte-Thérèse dont le coût est estimé à 500 000 euros. « Aucun permis n’est nécessaire pour démolir la chapelle des Goélands car elle n’est pas répertoriée en tant que bâti à protéger dans le PLU », explique le service de l’urbanisme de la Ville. « La paroisse est en négociation pour vendre le terrain » explique le curé doyen. Longtemps annoncée pour mars 2015, la démolition de Sainte-Thérèse est, pour lors, reportée. L’affichage du permis de construire - point de départ du délai de deux mois accordé aux tiers pour contester l’autorisation- n’a pas encore été effectué. « L’état de nos finances ne nous permet pas d’envisager les travaux tout de suite », explique René Cougnaud. Le bruit court en outre que le curé-doyen envisagerait de prendre sa retraite à l’automne, ce qui pourrait tirer un trait sur un projet architectural dont il est le principal porteur. Propriétaire des terrains de la paroisse, l’association diocésaine de Luçon -qui a avalisé le projet de reconstruction de Sainte-Thérèse- devrait communiquer prochainement.

Informations
Signer la pétition en ligne sur www.change.org
La page facebook de soutien : Sauvons la chapelle Sainte-Thérèse

Légende Photo :
La chapelle Sainte-Thérèse à Saint-Jean-de-Monts - 2015 - Courtesy Photos William Chevillon (@ChevillonW) / jaiuneviepassionnante.tumblr.com

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