Mercredi 24 octobre 2018

François Azambourg, l’inventeur passionné

Par Anouchka Roggeman · L'ŒIL

Le 1 janvier 2004 - 341 mots

François Azambourg est l’un de ces génies touche-à-tout à qui tout semble réussir. Diplômé de l’école des Beaux-Arts de Caen et des Arts appliqués de Paris, primé par une quinzaine de concours de design, ce jeune homme de quarante ans est aussi doué pour la musique que pour le dessin, le design ou encore l’architecture intérieure. Petit, il rêvait d’être inventeur. Aujourd’hui, il a déjà déposé trois brevets mais déteste le « côté concours Lépine » et toute comparaison avec Géo Trouvetou. Le premier brevet concernait le sandwich souple (des meubles qui s’assouplissent sous le poids du corps), le deuxième, le luminaire gonflable en textile tridimensionnel et le dernier, l’objet en autoconstruction – qui permet à l’utilisateur de gonfler lui-même son objet à l’aide d’une bonbonne de mousse, comme dans la chaise Pack. Grâce au prix Villa Médicis hors les murs que le designer vient de recevoir, ce procédé sera exporté au Japon pour construire des ponts, des abris et des embarcations d’urgence. Mais ce n’est pas tout. Récemment, la Ville de Paris lui a décerné le grand prix du Design de Paris. Ce qu’il en pense ? « C’est déjà 8 000 euros de pris. Ce n’est pas parce que mon nom commence à être connu et que j’édite des objets chez Cappellini ou Roset que je gagne bien sa vie. » Pour cela, il enseigne à l’école Boulle et à l’école Camondo et compte sur les bourses qu’il reçoit, notamment celles du VIA qui lui laissera « carte blanche » en 2004. Invité à Lille 2004, il a conçu une « microfolie », un restaurant miniature (dînette) et mobile capable de se glisser entre deux voitures, « comme une fleur qui pousse entre deux pavés ». Ce projet serait le moins coûteux de tout l’événement. Même chose à la galerie Kreo où ses derniers miroirs seraient les objets les moins coûteux de toute l’histoire de la galerie. « On peut faire du design abordable. Ce sont les journalistes qui parlent toujours du design chic et cher. » Pas toujours.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°554 du 1 janvier 2004, avec le titre suivant : François Azambourg, l’inventeur passionné

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