Fin de procédure pour « Présumés innocents »

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 4 mars 2010 - 382 mots

BORDEAUX [04.03.10] – La cour d’appel de Bordeaux a annulé l’ordonnance de renvoi visant les trois organisateurs de l’exposition controversée « Présumés innocents » mettant ainsi fin à dix ans de procédure. A moins d’un pourvoi en cassation.

Le procès pour « diffusion de l’image ou de la représentation d’un mineur présentant un caractère pornographique » et « diffusion d’un message violent ou à caractère pornographique ayant été vu ou susceptible d’être vu par un mineur » n’aura pas lieu.

La cour d’appel de Bordeaux a jugé que le magistrat en charge de l’instruction n’avait pas pu avoir accès à l’intégralité des œuvres avant de prendre sa décision. L’arrêté précise également que certaines d’entre elles avaient « déjà fait l’objet d’exposition ou se trouvent dans des musées réputés tels que le musée d’Art Moderne de New York ».

L’avocat de Henry-Claude Rousseau, Me Richard Malka, s’est réjoui de cette décision. « La justice vient protéger la liberté artistique » et « le processus de création » a-t-il déclaré à l’AFP.

Quant à Me Christine Maze, l’avocate de l’association a indiqué qu’elle étudiait l’éventualité d’un pourvoi en cassation (1) qualifiant la décision de justice de « véritable censure du devoir de protéger les enfants ».

Mis en examen en 2006 après six ans d’instruction, les organisateurs de l’exposition – Henry-Claude Cousseau, ex-directeur des musées de Bordeaux, aujourd’hui directeur du musée des Beaux Arts de Paris et les deux commissaires de l’exposition, Stéphanie Trembley et Marie-Laure Besnard-Bernadac – devaient comparaître le 19 juin 2010 en correctionnelle.

En 2000, l’association de protection de l’enfance La Mouette avait déposé plainte juste après la fermeture de l’exposition en octobre. Huit des 200 œuvres exposées avaient choqué l’association. Parmi elles figurent celles du dessinateur suisse Ugo Rondine, de l’Autrichienne Elke Krystufek ou encore les photographes américains Nan Goldin, Cindy Sherman et Garry Gross. Les œuvres étaient pourtant présentées avec un avertissement envers le jeune public.

Au moment des faits, les trois organisateurs ont qualifié le procès « d’un autre siècle, témoin d’un obscurantisme menaçant » et ont indiqué que la décision de renvoi passait outre les réquisitions du parquet de Bordeaux qui avait demandé un non-lieu et portait atteinte à la profession artistique et à l’image culturelle de la France.

(1) On a appris depuis que le pourvoi en cassation a été déposé le 4 mars par l'association La Mouette.

Légende photo

CAPC Musée d'art contemporain de Bordeaux - © Ann Chou - Licence Creative Commons 2.0 

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque