Visages méditerranéens, sous les voiles

L'ŒIL

Le 1 mai 1999

En 1905, la Sublime Porte oblige ses citoyens à apposer leur portrait sur leur carte d’identité. Cette décision administrative, apparemment anodine, va induire l’une des plus vastes entreprises photographiques qui soit. Pour les besoins de l’état civil, des centaines d’individus – principalement Arméniens d’origine – vont spontanément s’initier aux techniques du 6e art et sillonner les vastes contrées de l’empire ottoman, à la recherche de clientèle. Face aux objectifs de ces photographes ambulants, les voiles se soulèvent, parfois bien au-delà des nécessités administratives. Une montagnarde chrétienne pose, indolente et lascive ; une Tripolitaine, au regard fatal, laisse entrevoir la nudité de son épaule tandis que des bourgeois revêtent dignement leur tarbouche. Dans le cadre de la Saison méditerranéenne et en préfiguration du 30e anniversaire du festival d’été d’Arles, l’Espace Van Gogh restitue ces « histoires intimes » avec un ensemble d’une trentaine de clichés, constituant un remarquable témoignage artistique et ethnologique du Liban de la première moitié du siècle. Parallèlement, la Maison des Rencontres explore un versant plus mondain du portrait méditerranéen, à travers les œuvres des photographes égyptiens Alban, Armand et Van Leo, dont les studios ont vu défiler, des années 30 aux années 50, toutes les stars européennes de passage au Caire.

ARLES, Espace Van Gogh, Maison des Rencontres, jusqu’au 16 mai.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°506 du 1 mai 1999, avec le titre suivant : Visages méditerranéens, sous les voiles

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