Dimanche 1 novembre 2020

Bignan (56)

Van Lunen, Barré et Aubrun

Domaine de Kerguéhennec Jusqu’au 31 mai 2015

Par Colin Cyvoct · L'ŒIL

Le 15 avril 2015 - 315 mots

Un sculpteur amoureux tout autant du Quattrocento que de Julio González, une céramiste coloriste baroque, un peintre exigeant et discret : trois personnalités contrastées investissent les espaces du Domaine de Kerguéhennec.

Le bassin de la cour d’honneur et les spacieuses écuries accueillent vingt-deux dessins et une dizaine de sculptures de Vincent Barré (né en 1948). L’œil est tout d’abord intrigué, avant d’être progressivement conquis, par l’extrême simplicité des formes, des volumes et des matériaux. De vastes monochromes noirs réalisés à l’encre typographique (2012 et 2014) émergent sur d’imposantes feuilles de papier chinois ou japonais. Posées sur le sol, les sculptures réalisées en fonte d’aluminium ou de fer invitent les regards à ressentir la matérialité quasi animale d’une énigmatique présence abstraite. Vincent Barré, qui fut architecte avant d’être sculpteur, confie : « Je recherche quelque chose qui soit humain. J’ai envie de m’inscrire dans une histoire longue, dans un sens du nécessaire, je veux sortir la tête de l’événementiel. » Pari gagné ! Dans les salles abondamment ornementées du rez-de-chaussée du château, une quinzaine d’improbables fleurs solidement amarrées à leurs vases, d’une opulente rudesse, d’une brutalité délicatement colorée, surgissent taillées dans la matière même de l’argile. Somptueuses, baroques, jubilatoires, ces sculptures de Clémence Van Lunen (née à Bruxelles en 1959) réenchantent avec une folle liberté la tradition séculaire de la céramique. L’œuvre d’un artiste aujourd’hui quelque peu oublié se déploie dans les grandes pièces lumineuses du premier étage du château. François Aubrun (1934-2009) a construit durant un demi-siècle une œuvre dans le silence et la solitude de son atelier situé au pied de la montagne Sainte–Victoire, sur les hauteurs d’Aix-en-Provence. Cinquante-six huiles sur toile, quinze aquarelles, quatre encres sur papier et deux carnets témoignent d’une exigeante recherche vers toujours plus d’épurement. Les peintures ultimes se dévoilent progressivement comme d’implacables matérialisations monochromes de ce qui importe le plus au peintre : une palpable vibration de la lumière.

« François Aubrun », « Vincent Barré » et « Clémence Van Lunen »

Domaine de Kerguéhennec, Bignan (56), www.kerguehennec.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°679 du 1 mai 2015, avec le titre suivant : Van Lunen, Barré et Aubrun

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