Mercredi 13 novembre 2019

Vallauris (06)

Une histoire d’amitié au Musée Magnelli

Céramique

Par Lina Mistretta · L'ŒIL

Le 23 septembre 2013 - 404 mots

Comme le souligne son commissaire, Olivier Kaeppelin, le fil rouge de cette superbe exposition est l’amitié et l’émotion, partagée pour la circonstance avec un guide exceptionnel, Adrien Maeght, collectionneur passionné et ami des créateurs qui a vu naître la plupart des pièces exposées.

Le rez-de-chaussée réunit des œuvres intimes de sa collection, trésors rarement montrés. Ici, pas de choix thématique, mais des ensembles qui se répondent, se questionnent, des face-à-face. La sélection s’est portée sur une soixantaine de chefs-d’œuvre, des sculptures, des peintures ainsi que des œuvres sur papier, qui rappellent le rôle majeur joué par les Maeght dans l’édition d’art. Le parcours s’ouvre sur quatre sculptures fabuleuses de Braque. Côte à côte, des artistes, entre ligne droite et mouvement. Le mouvement, Calder le cherche partout : à travers sa danseuse prête à tourner, son étoile de mer qui nous emmène à travers ses branches. Parmi les œuvres de Giacometti, un Couple en bronze de sa période surréaliste, peu exposé, un Buste d’homme, véritable représentation de l’espèce humaine, et une Figurine, minuscule créature talismanique. Encore de Giacometti, une coiffeuse en bronze pour la chambre de Marguerite Maeght, conçue par Alberto, moulée et patinée par Diego, fait face à l’œuvre de Pol Bury, laquelle renvoie au miroir de Giacometti : jeu entre deux poétiques, celle du miroir et celle de la lumière. Miró réalise des sculptures faites de collages qui donnent d’étranges compositions, à la fois burlesques et poétiques. Ses œuvres sont des poèmes, ses titres également.

Plus loin, un collage de Chillida donne à la matière cette impression unique. Chillida à l’évidence est un grand admirateur de Braque, l’initiateur des papiers collés. Les Torses d’Ubac ont cet aspect minéral magnifique, autant que ses Sillons dont il a réalisé de nombreux travaux. Ubac est un artiste de la simplicité, du peu de matière, à l’instar de Tàpies. Il prend l’objet direct dans son œuvre, car il y a, dit-il, quelque chose de pauvre dont on peut se servir. Une sculpture de Gonzáles, dont la base est construite comme une statuaire classique, avec du fer forgé, éclate dans une liberté extraordinaire. Dialogue entre la construction, l’énergie et la déconstruction. Barceló réfléchit sur la fusion, la confusion, l’inquiétude. Ce Crâne immense en bronze, entre le genre animal et humain, est celui de toutes les espèces.

« Vallauris et la Fondation Maeght. Une histoire d’amitié »

jusqu’au 18 novembre 2013, Musée Magnelli place de la Libération, Vallauris (06), www.musees-mediterranee.org

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°661 du 1 octobre 2013, avec le titre suivant : Une histoire d’amitié au Musée Magnelli

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