Samedi 15 décembre 2018

Une autre perception de l’image

L'ŒIL

Le 1 décembre 2005 - 381 mots

Entre passé et présent, ces œuvres doubles renouvellent notre vision de la photographie tout en révélant les richesses de cadres exceptionnels, sélectionnés parmi plus d’un millier de pièces.

Poursuivant un programme d’expositions ouvert sur la création contemporaine, la fondation Custodia et l’Institut néerlandais ont confié à Willem van Zoetendaal – galeriste et commissaire d’exposition –,
la conception de ce projet. Le point de départ en est l’exceptionnelle collection de cadres anciens italiens, espagnols, français ou hollandais, conservée par la fondation Custodia.
Le commissaire a opéré un choix dans ce fonds riche d’un millier de pièces datant du XVIe au XVIIIe siècle. Dans un second temps, il a retenu les images de 26 photographes contemporains susceptibles d’habiter ces cadres.

Un rapport intime au modèle
La présentation de ces œuvres doubles n’a pas d’autre ambition que de renouveler la perception que l’on peut avoir tant de la photographie que du cadre, à travers une rencontre insolite. Le jeu pouvait paraître à première vue artificiel.
Au final, une atmosphère très particulière naît, renforcée par le lieu même de l’exposition qui permet un accrochage chaleureux dans l’un des salons historiques de l’Institut. Le cadre crée un rapport intime avec le modèle, tandis que la photographie met en valeur les richesses de l’ornement. Ici, le cadre a autant de présence que l’image et change de statut, puisqu’il accompagne habituellement une peinture, jusqu’à s’effacer devant celle-ci.

Un pont entre les siècles
Côté photographies, le commissaire a choisi principalement des portraits, réalisés par des artistes issus de la jeune scène néerlandaise ayant déjà une certaine reconnaissance dans leur pays, même s’ils sont encore peu connus en France, à l’exception de Rineke Dijkstra qui a eu les honneurs d’une exposition au Jeu de Paume fin 2004-début 2005. Les photographies renvoient à différents genres du portrait, faisant parfois référence à l’histoire de la peinture.
Effet de miroir, visage dans une tradition du portrait pictural ou détournement de représentations classiques, le corpus d’œuvres permet d’établir des ponts entre les artistes et les siècles, en suscitant chez celui qui les regarde une émotion nouvelle.

Autour de l’exposition

Informations pratiques L'exposition « Cadres revisités » se tient jusqu’au 18 décembre, tous les jours de 13 h à 19 h, sauf le lundi. Tarifs : 4 et 2 €. Institut néerlandais, 121 rue de Lille, Paris VIIe, tél. 01 53 59 12 40, www.institutneerlandais.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°575 du 1 décembre 2005, avec le titre suivant : Une autre perception de l’image

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