Mercredi 21 février 2018

Musée d’Art et d’Histoire, Genève Jusqu’au 29 août 2010

Un « marché » à côté de son sujet

Par Marie-Emilie Fourneaux · L'ŒIL

Le 26 avril 2010

L’étude du marché de l’art, toutes époques confondues, s’est développée depuis une trentaine d’années, mais il a rarement fait l’objet d’expositions.

Une bonne raison de s’intéresser à celle du musée d’Art et d’Histoire de Genève. Malheureusement, « L’art et ses marchés » est un thème prétexte, plutôt que le sujet à part entière, choisi par le musée pour présenter une partie de sa riche collection de peintures flamandes et hollandaises des xviie et xviiie siècles. C’est le deuxième volet d’une mise en avant de ses collections entamée en 2005 avec l’exposition « La naissance des genres ».

Dans une scénographie classique, cimaises bleu roi et lumière peu travaillée, sont accrochées une centaine de toiles sélectionnées parmi les deux cent trente-sept du fonds. Les précurseurs tels Nicolaes Berchem, Hobbema, Gerard Dou ou Van Ostade côtoient leurs imitateurs. Un imposant Repos de Diane est signé de Rubens et son atelier. Vermeer et Rembrandt étant les grands absents du parcours.

Malgré quelques éclairages sur le marché de l’art, l’exposition passe un peu à côté du sujet annoncé. Le contexte historique, pourtant déterminant pour la production artistique et le développement du marché de l’art, n’est pas abordé : afflux d’artistes vers le Nord, nouvelle clientèle privée après la scission en 1579 entre les Pays-Bas du Nord, protestants, et du Sud, catholiques. Le fonctionnement même du marché est peu traité, qu’il s’agisse du rôle des guildes, de l’identité des acheteurs, des différents foyers artistiques, des stratégies commerciales des peintres…

Par ailleurs, l’exposition couvre indifféremment les xviie et xviiie siècles malgré l’évolution des contextes économique et artistique entre ces deux périodes. Réunissant l’intégralité du fonds, le catalogue n’en apprend guère plus si ce n’est, grâce aux analyses scientifiques, sur les processus de fabrication des œuvres. Dommage que le musée ne soit pas allé au bout de son sujet. nMarie-Émilie Fourneaux

« L’art et ses marchés. La peinture flamande et hollandaise (xviie et xviiie siècles) », musée d’Art et d’Histoire, rue Charles-Galland, 2, Genève (Suisse), www.ville-ge.ch/mah, jusqu’au 29 août 2010.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°624 du 1 mai 2010, avec le titre suivant : Un « marché » à côté de son sujet

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