Vendredi 20 juillet 2018

Art ancien

Un château pour l’histoire de Bretagne

Par Marie Maertens · L'ŒIL

Le 6 août 2007 - 411 mots

NANTES

Après quinze ans de travaux, le château des ducs de Bretagne rouvre ses portes.

Construit au XIIIe siècle sur une muraille gallo-romaine, le premier château ducal disparaît au XVe siècle pour laisser place à l’actuel monument. Dernier duc de la Bretagne indépendante, François II en est le commanditaire. Il désire édifier à la fois une forteresse défensive face au pouvoir royal et un lieu de résidence de la Cour.
L’histoire du château épouse ensuite celle de France. Louis II convole en justes noces avec Anne de Bretagne en 1499 et Henri IV y élabore les termes de l’édit de Nantes en 1598. Le château devient en effet, à la suite du rattachement de la région à la France en 1532, la résidence bretonne des monarques. Puis il se transforme en caserne, arsenal militaire et prison, ayant pour « invités » Henri de Talleyrand, le cardinal de Retz ou la duchesse de Berry. L’administration militaire le taille, le rogne et le transforme à tel point que la tour des Espagnols, dévolue au stockage du matériel d’artillerie, explose en 1800 ! Le château est enfin classé monument historique en 1862 et vendu à la ville de Nantes en 1924.
Débutée dans les années 1990, sa restauration est au départ « donquichottesque ». La résidence ducale est en pierre de tufeau, une variété de tuf calcaire poreux et tendre qui est atteinte de desquamation en plaque. Il devient nécessaire de dessaler et sécher la pierre, avant de la badigeonner de lait de chaux pour l’isoler de la pollution et de l’humidité. À partir de 2000, une moyenne de quatre-vingts personnes s’attaquent quotidiennement à la taille de la pierre, la couverture, la charpente, la ferronnerie et les vitraux. Il faut aussi restituer le campanile et adapter l’édifice aux exigences muséales modernes.


Au final, trente-deux salles d’exposition ont été conçues pour accueillir le nouveau musée d’Histoire de Nantes. Huit cents œuvres évoquent le château et la Bretagne en général. On y admire aussi bien des girouettes de bateaux, des gargouilles, des cartes, des blasons, des graffitis de prisonniers, des aquarelles de Turner ou d’Alphonse Mucha, que le Livre d’heures d’Anne de Bretagne.
À l’extérieur, la forteresse est ouverte pour la première fois au public. Les 500 mètres de chemin de ronde jalonnés de sept tours favorisent la promenade et le sentiment d’être au cœur de l’Histoire…

Château des ducs de Bretagne, musée d’Histoire de Nantes, 4, place Marc-Elder, Nantes (44), www.chateau-nantes.fr, réouverture le 9 février 2007.

Thématiques

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°588 du 1 février 2007, avec le titre suivant : Un château pour l’histoire de Bretagne

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque