Tout Max Ernst

Par Marie Maertens · L'ŒIL

Le 21 avril 2009

Si le public parisien avait pu se délecter en 1992 d’une rétrospective de Max Ernst au Centre Pompidou, les Danois n’avaient pas encore eu ce plaisir.

C’est à présent chose faite avec cette exposition qui regroupe cent quatre-vingt œuvres le long d’un parcours rétrospectif s’attachant à mettre en avant la constante évolution technique du peintre d’origine allemande. Le qualifier de peintre semble d’ailleurs réducteur, tant il expérimenta de nouveaux modèles. Max Ernst fut un artiste cosmopolite dont le travail et la vie furent intimement liés. Divisée en quatre chapitres, cette exposition démontre comment son environnement et ses rencontres l’ont influencé.
À Cologne, à l’aube des années 1920, il participe à la création du mouvement Dada avec les collages et une transgression des formes que l’on retrouvera tout au long de son œuvre. À Paris, il se lie aux surréalistes et exploite ses affinités avec le monde de la psychanalyse et de l’inconscient. Frottages et grattages sont des techniques semi-automatiques qu’il élabore durant cette période. L’exil aux États-Unis, à partir de 1941, le conduit à revenir vers la décalcomanie. Au contact des Indiens d’Amazonie, il développe aussi un nouvel imaginaire empreint de chamanisme qui l’inspirera dans ses sculptures. De retour en Europe, à partir de 1953, il reprend, dans un travail de mémoire, l’ensemble de ses inventions. Ernst disait vouloir se situer « au-delà de la peinture », dans « une esthétique de la distance ». Cet esprit pionnier, précurseur et révolté se révélerait toujours aussi pertinent aujourd’hui.

« Max Ernst, Dream and Revolution », Louisiana Museum of Modern Art, Humlebæk (Danemark), www.louisiana.dk, jusqu’au 1er juin 2009.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°613 du 1 mai 2009, avec le titre suivant : Tout Max Ernst

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