Mardi 10 décembre 2019

Lausanne (Suisse)

Tout Carlo Zinelli

Collection de l’Art brut - Jusqu’au 2 février 2020

Par Éric Tariant · L'ŒIL

Le 29 octobre 2019 - 307 mots

Silhouettes fantomatiques perforées, long cortège de pretini (petits prêtres), femmes au sac à main, hommes au chapeau à plume rappelant ses années passées sous l’uniforme des chasseurs alpins, saxophonistes, oiseaux, mules, barques, seringues, cimetière.

Ils sont tous là au dernier étage de la Collection de l’Art brut, dans l’espace réservé aux expositions temporaires. Tout son petit monde énigmatique d’hommes et de femmes cabossés, meurtris, ou parfois amputés, mais debout, vivants. Tous ses motifs sans cesse scandés rythmant ses compositions d’une grande liberté formelle. Toutes les œuvres de l’artiste conservées par l’institution lausannoise sont exposées : soit quatre-vingt-dix-neuf pièces au total, ou cent soixante si l’on tient compte du fait que la plupart ont été peintes ou dessinées au recto et au verso à partir de 1962. À ce corpus, réuni par Anic Zanzi, la commissaire de l’exposition et conservatrice à la Collection de l’Art brut, s’ajoutent quelques rares sculptures en argile et des lettres, des documents, mais aussi des photographies de John Phillips témoignant de la vie à l’hôpital psychiatrique San Giacomo alla Tomba de Vérone dans lequel Carlo Zinelli (1916-1974) fut interné à partir de 1947, six ans après avoir été réformé, et huit ans après son retour du front espagnol où il fut convoyeur de blessés pendant la guerre civile. L’accrochage est chronologique. Il montre, pour commencer, ses premières œuvres (peintes au recto) des années 1957 à 1959, dans lesquelles se constitue son langage graphique immédiatement reconnaissable : des silhouettes et des objets répétés que l’on retrouvera dans toute son œuvre. Dans la deuxième salle, sont exposées ses gouaches recto-verso des années 1960 à 1973 aux couleurs et sujets plus maîtrisés et affirmés, souvent peints à quatre reprises. Enfin, place à quelques collages et à ses œuvres des années 1966 à 1969, où l’écriture devient un moyen d’expression plastique et esthétique. Et de libération psychique.

« Carlo Zinelli. Recto-verso »,
Collection de l’Art brut, 11, avenue des Bergières, Lausanne (Suisse), www.artbrut.ch

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°728 du 1 novembre 2019, avec le titre suivant : Tout Carlo Zinelli

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