Lundi 10 décembre 2018

Année de la Chine

Sur la Route de la Soie

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 24 septembre 2004 - 411 mots

Le Musée des arts asiatiques de Nice expose des pièces bouddhiques exceptionnelles sorties pour la première fois de Chine.

NICE - Dans le cadre de l’Année de la Chine en France, le Musée d’art asiatique de Nice met en valeur l’un des hauts lieux du bouddhisme : Dunhuang. Située aux confins du nord-ouest de la Chine, entre le désert de Gobi et le Taklamakan, la cité fut au Ier siècle avant notre ère une des commanderies chinoises placées sur la Route de la Soie. Son éloignement de la capitale permit au bouddhisme de se développer en marge des deux courants très forts de la pensée traditionnelle chinoise, le confucianisme et le taoïsme, et ce à partir du IVe siècle. À cette période, aux environs de Dunhuang, sur le versant est de la colline rocheuse de Mingsha, furent creusées les premières grottes de Mogao, appelées « grottes des Mille Bouddhas ». Leurs parois étaient recouvertes de fresques relatant le Sûtra bouddhique (recueil  de pensées ou de méditations) ou décrivant la vie quotidienne de l’époque, tandis que des statues en terre modelée, figurant essentiellement Bouddha, des bodhisattvas, des rois célestes ou des moines de haut rang, habillaient les alcôves et les niches.
Pour évoquer ces lieux, la conservatrice du musée, Marie Foissy, a obtenu le prêt exceptionnel de dix pièces provenant de l’Institut de recherche de Dunhuang (chargé de la préservation et de l’étude du site) tel un Bodhisattva debout réalisé en torchis polychrome, un Bodhisattva en méditation écoutant le sûtra (la main droite portant le lotus), une statue en bas relief, ou encore cette très rare Tête de bodhisattva (toutes les pièces sont datées entre 386 et 534). Afin d’enrichir l’ensemble, l’Institut a également prêté des copies des fresques qui ornaient les grottes. Délicatement reproduites à la gouache sur papier, elles permettent d’imaginer l’intensité des originaux. Ainsi des Danseuses et musiciens reprenant la fresque la plus grande des grottes de Mogao, qui date de la dynastie des Tang (618-705). Enfin, des objets issus du Musée des arts asiatiques-Guimet ou de collections privées – peintures sur soie, petites représentations de Bouddha, boîte funéraire, terres cuites – témoignent plus généralement de l’art bouddhique qui essaima le long de la Route de la Soie.

CHINE, CHEFS-D’ŒUVRE DU DÉSERT, L’ART BOUDDHIQUE DE DUNHUANG ET LA ROUTE DE LA SOIE : SAUVETAGE D’UN PATRIMOINE

Jusqu’au 4 octobre, Musée des arts asiatiques, 405, promenade des Anglais, Arénas, 06200 Nice, tél. 04 92 29 37 00, tlj sauf mardi 10h-18h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°199 du 24 septembre 2004, avec le titre suivant : Sur la Route de la Soie

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