Lundi 24 septembre 2018

Star system, quand le design fait la loi

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 1 juillet 2006 - 477 mots

Philippe Starck, Matali Crasset, les frères Bouroullec, Andrée Putman ou Droog Design, les designers contemporains sont
devenus des bêtes de scène. Presque des objets médiatiques.

Alors qu’on ne connaît pas toujours le nom des créateurs des  formes dont on fait un usage quotidien, certains d’entre eux ont construit une célébrité médiatique avec, en chef de fil, Philippe Starck qui a conduit toute la profession à sortir de l’ombre. Dans les années 1990, il a fait du design démocratique la clef de son succès, signant brosses à dents, ustensiles de cuisine ou tabourets aux courbes séduisantes.

Matali Crasset, dans le sillage de Philippe Starck
Provocateur, Philippe Starck propose pour le catalogue La Redoute une maison en kit tout en signant l’aménagement d’un hôtel chic à New York. Sans tabou, il est partout, se mettant en scène avec un plaisir non dissimulé, monstre sacré du design.
On ne s’étonnera pas de savoir que Matali Crasset, élue designer de l’année en 2005, ait fait une halte dans le studio de Philippe Starck avant de lancer son propre label en 1998.
Matali Crasset incarne à merveille ce nouveau design qui flirte avec l’art contemporain, conçoit productions industrielles, mobilier ou architecture intérieure avec la même verve. Son approche est efficace, colorée, avec un attachement tout particulier pour l’expérimentation. Son Hôtel Hi à Nice, imaginé en 2003-2004, n’a pas fait dans le confort évident, bouleversant un peu les codes de l’hôtellerie, mais son succès ne s’est pourtant jamais démenti. Exigeant, tel est donc le design de Matali Crasset.

Droog design, Bouroullec : entre provocation et chic soft
Les Droog Design, collectif hollandais, ont cette même déontologie, l’humour en plus. Depuis 1994, ils n’hésitent pas à pousser l’usager dans ses retranchements. Chez eux, les lavabos sont mous, les matériaux sont récupérés, l’attitude à rebrousse-poil. Pour preuve, leur restaurant de slow fast-food, une expérience déroutante où le service est assuré par des personnes âgées. Quand le collectif conçoit un vase, il est déjà cassé et recollé, un principe de précaution ironique, tout comme Do Hit, cube de métal fourni avec un marteau pour que l’usager personnalise son assise en se défoulant.
Un anticonformisme éclectique et bruyant très différent de l’épure feutrée des frères Bouroullec, eux aussi adeptes de la lenteur, qui distillent avec parcimonie leurs créations douces et distinguées. Un design chic à l’image de celui de la papesse incontestée du style intransigeant et graphique, Andrée Putman, une référence.
Le style, la pierre angulaire de tous ces créatifs : credo absolu ou « homme à abattre », c’est bien de lui dont il est plus que jamais question.

Autour de l’exposition

Informations pratiques L’exposition « Habiter l’art » se tient du 3 juillet 2006 au 7 janvier 2007, tous les jours de 11 h à 19 h. Tarifs : 3 € et 1,50 €. Espace art concret, château de Mouans-Sartoux, 06370, tél. 04 93 75 71 50, http://art.concret.free.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°582 du 1 juillet 2006, avec le titre suivant : Star system, quand le design fait la loi

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