Art contemporain

Soulages, tout en puissance et en légèreté

Musée Soulages - Jusqu’au 31 mars 2019

Par Colin Cyvoct · L'ŒIL

Le 28 février 2019 - 325 mots

RODEZ

Pour la première et dernière fois, l’ensemble de la collection des peintures sur papier du Musée Soulages, soit cent dix-huit œuvres du maître, est visible rassemblé dans une même exposition.

Pierre Soulages, <em>Sans titre</em>, 2004, brou de noix et encre sur papier, 54,8 x 75,3 cm, Rodez - Christian Bousquet
Pierre Soulages, Sans titre, 2004, brou de noix et encre sur papier, 54,8 x 75,3 cm, Rodez
© Christian Bousquet

Sensibles à la lumière, ces pièces fragiles sont habituellement montrées par rotations pour des raisons de conservation préventive. Première surprise : cent dix-huit peintures sur papier de Soulages, ça n’a rien à voir avec cent dix-huit peintures sur toile du même artiste. Chaque tableau à la peinture à l’huile ou à l’acrylique du « maître de l’outre-noir » apparaît en force, habité par l’intensité de matières picturales souvent très consistantes jouant avec la lumière environnante, alors que les encres, le brou de noix ou la gouache vivement déposés en alertes coups de pinceaux affleurent la surface du papier comme de légères et aériennes présences. L’artiste apparaît ici avec une spontanéité parfois sidérante : « Par impatience, un jour, dans un mouvement d’humeur, muni de brou et de pinceaux de peintre en bâtiment, je me suis jeté sur le papier », confie-t-il, évoquant cette année 1947 où il peignit pour la première fois avec du brou de noix, une teinture liquide extraite de l’écorce de la noix. Seconde surprise, corollaire de la première : chaque peinture sur papier s’apparente à une expérimentation picturale bien particulière ; mais cette vivacité gestuelle spécifique à chacune entre en résonnance avec les autres peintures de la même période. Les rythmes se renouvellent en toute harmonie, subtilement portés par une même énergie. « Peindre sur papier exige de la vitesse, de ne pas revenir en arrière, de bien connaître les humeurs, la fluidité et les résistances des matériaux. Si Soulages a quasiment toujours pratiqué la peinture sur papier – excepté entre 1969 et 1971, 1987, 1993 et 2002 –, c’est qu’il en ressentait une nécessité impérieuse, celle-ci croisant çà et là la pratique de la peinture à l’huile, puis de l’acrylique sur toile », observe Benoît Decron, directeur des musées de Rodez et commissaire de cette exposition.

« Pierre Soulages. Œuvres sur papier. Une présentation »,
Musée Soulages, Jardin du Foirail, Avenue Victor-Hugo, Rodez (12), www.musee-soulages.rodezagglo.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°721 du 1 mars 2019, avec le titre suivant : Soulages, tout en puissance et en légèreté

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