Mercredi 20 novembre 2019

Signac, une vie au fil de l’eau

Musée des impressionnismes jusqu’au 2 juillet 2013

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 27 mai 2013 - 332 mots

Exposition inaugurale de la seconde édition du Festival Normandie impressionniste, placée sous le signe de l’eau, la monographie consacrée à Paul Signac (1863-1935) à Giverny commémore, avec panache, le 150e anniversaire de sa naissance.

On aurait, en effet, difficilement pu imaginer plus bel hommage, tant la concordance entre le propos et le lieu d’exposition se révèle judicieuse. Tout d’abord parce que Signac était un fervent admirateur du maître des lieux, Claude Monet, ensuite parce que le thème de l’eau est omniprésent dans son travail, et enfin parce que la directrice scientifique du musée, Marina Ferretti, par ailleurs responsable des Archives Signac, est l’une des meilleures spécialistes du peintre.

Tous les ingrédients sont donc réunis pour une belle rétrospective, et la manifestation tient pleinement ses promesses. À travers cent vingt œuvres, elle embrasse toute la carrière de Signac, les aspects les plus célèbres de son travail – le divisionnisme –, mais aussi des éléments plus confidentiels, comme ses œuvres de jeunesse et ses dessins tardifs. En 1882, sa carrière d’autodidacte commence ainsi avec la réalisation de lumineux paysages impressionnistes. Mais, dès 1886, son amitié avec Georges Seurat et la découverte des théories du mélange optique de Chevreul l’amènent à reconsidérer son approche de la couleur et de la lumière.

Signac crée alors ses premiers tableaux divisionnistes, qui reposent sur la juxtaposition de petites touches de couleur pure. Il traite ses paysages marins et fluviaux par séries, multipliant les variations, selon les moments de la journée ou les changements climatiques. L’exposition en recompose certaines, dont celle peinte à Saint-Briac, dispersée depuis sa présentation au Salon des artistes indépendants de 1891.

Au tournant du siècle, Signac adopte une manière plus classique mais ne cesse d’expérimenter jusqu’à la fin de sa vie : effet de saturation, de mosaïque, ou encore diversité du traitement des reflets sur l’eau. La réunion de ces différentes facettes dessine en creux le portrait d’un fou de peinture extrêmement inventif, loin du cliché de l’artiste féru de science et un brin austère.

« Signac, les couleurs de l’eau »

Musée des impressionnismes Giverny, 99, rue Claude-Monet, Giverny (27), www.mdig.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°658 du 1 juin 2013, avec le titre suivant : Signac, une vie au fil de l’eau

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