Salon du dessin

Quinze ans déjà

L'ŒIL

Le 1 mars 2006

Quinze ans après sa création le Salon du dessin est toujours une réussite. Il est devenu un phare, un point de ralliement unique pour les musées européens ou américains et les grands collectionneurs. Quoique petit, le salon tient son rang, face aux plus grandes foires. « Un salon essentiel pour nous, explique Florian Haerb de la prestigieuse galerie londonienne Colnaghi. On ne s’y rend que sur invitation et c’est là que l’on trouve le plus de feuilles de qualité. » Même aveu chez Gabriel Naughton, de la vénérable galerie Agnew’s, participant, comme Colnaghi à la Tefaf.
Les visiteurs ne changent guère, estiment la plupart des marchands : des passionnés de longue date. Le salon est-il pour autant réservé à ces habitués ? En réalité, l’affluence internationale varie et chaque année apporte de petites surprises. « L’an dernier est venue au stand une clientèle d’intellectuels russes, de passage à Paris pour le Salon du livre », explique Philippe Heim.
Certains galeristes militent d’ailleurs pour une plus grande ouverture aux collectionneurs débutants. « Il faut donner à de nouveaux amateurs la possibilité de se former l’œil même sans acheter », explique Marie Christine Carlioz de la galerie de La Scala, qui propose, entre autres, Au spectacle de Lucien-Victor Guirand de Scevola à 5 000 €.
Une ouverture qui s’adapte aux évolutions du marché. Que trouve-t-on pour cette 15e édition ? Du xxe siècle, un peu plus et du xixe, beaucoup. Les dessins des siècles antérieurs se raréfient. Certains redoutent l’embourgeoisement d’un salon livré aux aquarelles conventionnelles. Mais la plupart s’en félicitent car la qualité suit. Côté prix, compter à peu près 10 % d’œuvres en dessous des 5 000 €, soit trois ou quatre dans chaque galerie, la majorité des œuvres coûtant de 10 000 à 50 000 €. Dans la tranche supérieure à 100 000 €, Géricault est à l’honneur, chez Aaron qui propose un Caisson d’Artillerie, inédit, autour de 170 000 €.
Autre hommage au peintre du Radeau de la Méduse, chez le New-Yorkais Brady, qui présente une esquisse préparatoire du tableau, un nu à 230 000 €. Mais « les dessins autour de 300 000 € restent rares, il n’y en a que trois ou quatre par salon », rappelle Hervé Aaron. Les œuvres inédites deviennent quasiment introuvables et l’on peut compter 80 % d’œuvres achetées en ventes récentes. La pratique n’a rien de choquant outre-Manche et les Français commencent à s’y faire.

Salon du dessin, palais de la Bourse, Paris IIe, tél. 01 45 22 61 05, www.salondudessin.com, 22-27 mars.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°578 du 1 mars 2006, avec le titre suivant : Salon du dessin

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