Rodtchenko

Par Sophie Flouquet · L'ŒIL

Le 28 août 2007 - 234 mots

Alexandre Rodtchenko (1891-1956) est-il cet être double, ce Janus que nous montre le portrait tiré par Georgy Petrusov en 1933 ? Peut-être, au vu de cette vaste exposition, qui réunit quelque trois cents tirages et photomontages d’époque. Déployés dans le cadre d’une scénographie sobre et aérée, ces derniers sont présentés dans un parcours chronologique et thématique qui permet de saisir l’évolution du travail de l’artiste.
Connu pour son engagement auprès des constructivistes russes, Rodtchenko abandonne la peinture en 1921, considérant en être allé au bout. Inspiré par les revues dadaïstes ramenées d’Europe par le poète Maïakovski, Rodtchenko pratique alors le photomontage pour illustrer des couvertures de presse ou des affiches publicitaires. Initié par ce biais à la photo, il se lance dans le portrait. Mais alors qu’il tente de se détacher de ses tics de peintre, ses clichés demeurent toujours très composés, au point d’en être taxés de formalisme.
Dans ses reportages, dominés par les thèmes du réalisme socialiste, le photographe privilégie l’objectivité. Mais en marge d’une série consacrée au percement du canal de la mer Blanche, Rodtchenko livre une série de paysages de Carélie emprunts d’une sensibilité nouvelle, prélude au retour vers la photographie pictorialiste qui marque la fin de sa vie.

« Rodtchenko photographe, la révolution dans l’œil », musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 11, avenue du Président-Wilson, Paris XVIe, tél. 01 53 67 40 00, www.mam.paris.fr, jusqu’au 16 septembre 2007.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°594 du 1 septembre 2007, avec le titre suivant : Rodtchenko

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