Mercredi 21 février 2018

musée

Rodney Graham, Wagner et Nirvana

L'ŒIL

Le 20 février 2008

Né en 1949 au Canada, Rodney Graham appartient à cette fameuse école de Vancouver qui, depuis près de trois décennies, poursuit par l’image, le film ou la performance les questionnements de l’art conceptuel américain des années 70. L’exposition qu’il vient de mettre en scène recycle plusieurs pièces (anciennes ou récentes) pour former une sorte d’environnement où se mêlent compositions musicales, films, œuvres sur papier. Généralement, la pratique de Rodney Graham s’articule autour de motifs qu’il récupère au sein d’œuvres célèbres. Ainsi Parsifal, où il reprend les 33 mesures qui servent, dans l’opéra de Wagner, à accompagner les changements de décors. Dans Aberdeen (1998), il se rend dans la ville où a grandi Kurt Cobain, l’ancien leader de Nirvana. Il y réalise toute une série de photographies, puis enregistre avec un orchestre professionnel une reprise de Nirvana. Vexation Island, sans doute l’une de ses plus fameuses pièces, est un film sans début ni fin représentant un homme habillé en pirate allongé et endormi sur la plage d’une île merveilleuse. Lorsqu’il se réveille enfin, une noix de coco s’abat sur son crâne et l’assomme. Plus loin, une autre pièce s’intéresse aux diverses musiques qui composent Zabriskie Point, le film de Michelangelo Antonioni. Autant avouer que l’art de Rodney Graham est un art difficile à cerner. L’emploi de multiples références, sa volonté de monter ses œuvres comme de véritables enquêtes journalistiques, déjouent toute appropriation comme pour mieux indiquer combien une culture n’est qu’un renouvellement sans fin de motifs déjà anciens.

BERLIN, Hamburger Bahnhof, 15 février-5 mars.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°524 du 1 mars 2001, avec le titre suivant : Rodney Graham, Wagner et Nirvana

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