Robert hante le Louvre

L'ŒIL

Le 30 mai 2016

La liste des remerciements publiée au début de tout catalogue d’exposition qui se respecte est un exercice éminemment contraint.

Il faut saluer les collègues du musée, ne pas froisser les tutelles ni les spécialistes reconnus du sujet, et remercier de « leur générosité » les prêteurs, directeurs de musées et collectionneurs privés, qui comptent tous au rang des « amis ».

« Qu’ils soient ici vivement remerciés » est la formule consacrée, avec ses variantes : « notre gratitude va » à ceux « que nous avons un immense plaisir à remercier ». Les « Remerciements » publiés en exergue du catalogue de l’exposition du Louvre [Somogy/Louvre éditions, 49 €], Hubert Robert, 1733-1808,Un peintre visionnaire, ne seront pas l’exception qui confirme la règle : ceux-ci tiennent sur deux pages imprimées en petits caractères. Et pour cause, le commissaire Guillaume Faroult, conservateur en chef au Musée du Louvre, assisté de Catherine Voiriot, documentaliste au musée, a du monde à remercier. L’exposition qui donne lieu à ce « volumineux » catalogue [548 p.] est en effet le fruit de l’« engagement sur près de dix années » d’une équipe de chercheurs. Non pas qu’il eût fallu rebâtir la vie et l’œuvre sur les ruines d’un peintre dont on ne saurait plus rien, mais, au contraire, faire la synthèse des nombreuses études réalisées sur Robert depuis l’exposition de Charles Sterling au Musée de l’Orangerie en 1933. D’autant plus que l’essentiel des études a été établi au Louvre par des gens du Louvre. Car, rappelle Sébastien Allard, directeur du département des peintures, « entre le grand artiste des Lumières que fut Hubert Robert et le Louvre […], les liens sont nombreux et indéfectibles » : outre que le peintre, membre de l’Académie royale, exposa régulièrement au Salon, il bénéficia en effet d’un appartement et d’un atelier donnant sur la cour Carrée, avant de devenir « conservateur du Museum national des arts » après 1795. Au XXe siècle, le peintre continua même « d’inspirer la disposition de la Grande Galerie », écrit Allard. Que Robert des Ruines en soit donc, par cet ouvrage, sincèrement remercié.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°691 du 1 juin 2016, avec le titre suivant : Robert hante le Louvre

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