Robert Combas

Par Manou Farine · L'ŒIL

Le 25 mars 2008

Combas n’a guère plus de vingt ans lorsqu’il commence à mettre en place son irrépressible vocabulaire pictural. « Ma peinture, annonce-t-il, c’est du rock, la recherche du feeling. » Figures grotesques débordant la toile, bleus, roses, verts toniques cerclés de noir et sujets mixant sans complexe BD, mass media, graphisme, mythologie et histoire de l’art, les bases du label Figuration Libre sont jetées comme une réponse bruyante et urgente à la domination sans partage du concept et de la grammaire minimaliste. On entre dans les années 1980, figure et peinture sont de retour. Une peinture « qui ne renie pas ses instincts primitifs » pas plus que sa volonté de culture. Dans son sillage, Di Rosa, Boisrond et Blanchard.
De fables pléthoriques en scènes érotiques ou fresques religieuses, l’exposition du musée de Louviers, riche d’œuvres inédites, resserre son propos autour des heures glorieuses de Combas, avant que le style ne se fixe tout à fait, entre émancipation de la figuration, énergie instinctive et rumination des genres picturaux. De part et d’autre de la décennie 1980, l’exposition devrait montrer la Rencontre entre Tintin et Mickey, peinte en 1977, et l’hommage à Jean-Paul Sartre, portraituré en 1989 avec mouche, castor, vomi, mains sales et putain de circonstance. Le parcours (orchestré par notre collaborateur Philippe Piguet) veut replacer le peintre dans une histoire linéaire et donner les clés d’un langage qui bataille avec ses sujets autant qu’avec les genres en peinture. Pour Combas, il ne s’agirait pas tant de les contrer que de les embrasser dans leur multiplicité.

« Combas : les années 1980, l’invention d’un style », hôtel de ville de Louviers (27), www.ville-louviers.fr/combas.htm, jusqu’au 4 mai 2008.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°601 du 1 avril 2008, avec le titre suivant : Robert Combas

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