Rituels et dieux africains du Brésil

Par Laure Meyer · L'ŒIL

Le 1 janvier 2006

Lourdement chargés d’esclaves, les vaisseaux allant au Brésil transportaient aussi le souvenir des religions africaines. Le musée Dapper multiplie les exemples de ces filiations.

Les 3,5 millions d’esclaves qui ont débarqué au Brésil entre 1530 et 1850 étaient les victimes de razzias organisées par certains rois africains, en particulier au Dahomey (ancien Bénin). Ces derniers les vendaient aux Européens qui pratiquaient la traite des noirs mais ne pouvaient s’aventurer à l’intérieur des terres.
Ceux qui étaient capturés provenaient essentiellement de trois régions d’Afrique. Il y avait des Yoruba du Nigeria et du Bénin, des Fon/Ewe du Bénin et du Togo, et enfin des ethnies Bantu du Congo et de l’Angola.

Des religions transplantées sur le sol brésilien
Tous étaient destinés à travailler dans les plantations proches de la côte du Brésil ou dans les mines. Soumis d’abord à une traversée épouvantable puis à des travaux extrêmement durs, ces esclaves s’efforcèrent de perpétuer leurs traditions pour obtenir la protection de leurs divinités et de leurs ancêtres.
Entre les arts sacrés d’Afrique et du Brésil, il y a parenté et non identité. En un demi-millénaire, il était inévitable que de nouveaux rituels viennent s’ajouter au legs d’origine. Une religion est ancrée dans le contexte social qui lui donne naissance. Ainsi la tradition yoruba a produit dans la région de Bahia le candomblé (religion centrée sur le culte des orixa, nombreuses divinités yoruba qui « descendent » sur leurs adorateurs ) et la macumba (autre rituel africain) de rite nagô. La tradition bantu, dans la région de Rio de Janeiro, a produit la macumba qui privilégie la relation avec les ancêtres plutôt qu’avec les dieux.
Enfin la tradition Fon/Ewe s’est développée également dans la région de Bahia mais elle a abouti au candomblé de rite jêje. Dans un syncrétisme plus général, on constate aussi de nombreux apports venus du christianisme ou des croyances amérindiennes. Dans ces différentes formes de candomblé, le chant choral et la chorégraphie si vivants en Afrique jouent toujours un grand rôle. Ils contribuent à produire des phénomènes fréquents dans ces cultes, les transes projetant sur le sol des personnes inconscientes.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°576 du 1 janvier 2006, avec le titre suivant : Rituels et dieux africains du Brésil

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