Samedi 15 décembre 2018

Retour à Ronchamp

Par Sophie Flouquet · L'ŒIL

Le 1 septembre 2005 - 245 mots

Étrange pied de nez de l’histoire : Le Corbusier (1887-1965), l’agnostique, est au cœur de l’actualité en 2005… pour ses constructions religieuses. Alors que du côté de Firminy, son ancien assistant, José Oubrerie, achève la construction de l’église Saint-Pierre, laissée dans son état d’inachèvement après la mort du maître, Belfort célèbre les cinquante ans de la chapelle Notre-Dame-du-Haut de Ronchamp, bâtie à une vingtaine de kilomètres de la cité du Lion. Construite de 1951 à 1955 à l’emplacement d’une chapelle de pèlerinage détruite lors des bombardements de 1944, celle-ci est considérée à juste titre comme l’un des chefs-d’œuvre de Le Corbusier. Avec ses formes courbes et sa toiture inspirée, selon ses termes, d’une enveloppe de crabe, sa construction marque en effet une rupture dans le travail d’un architecte amoureux de l’angle droit. Mais ce choix résulte d’abord de la volonté de proposer une réponse architecturale au site vallonné des Vosges, dans laquelle la chapelle doit s’inscrire. Œuvre sculpturale qui s’impose dans le paysage, Notre-Dame-du-Haut affirme sa fidélité au principe corbuséen de la promenade architecturale, comme s’il s’agissait d’y prolonger la déambulation du pèlerinage. À l’aide de plans, maquettes, mobilier liturgique et photographies, l’exposition revient sur l’histoire de cette construction singulière, et nous éclaire sur le rapport ambigu qu’entretenait Le Corbusier avec l’Église, « cette institution morte » pour laquelle il refusa longtemps de travailler.

« Le Corbusier, de l’émotion à la sérénité », BELFORT (90), musée d’Art et d’Histoire, château, tél. 03 84 54 25 50, 25 juin-9 octobre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°572 du 1 septembre 2005, avec le titre suivant : Retour à Ronchamp

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