Mardi 11 décembre 2018

Restauration réussie du Grand Foyer

Par Sophie Flouquet · L'ŒIL

Le 1 juin 2004 - 393 mots

Après la restauration de la salle de spectacle puis le nettoyage de la façade principale qui lui a rendu sa polychromie originelle, la remise en état du Grand Foyer s’annonçait comme le dernier grand chantier de l’Opéra Garnier. Et il aura fallu une année aux restaurateurs pour rendre son éclat à cette nef aux proportions démesurées, dernière galerie de l’histoire de l’architecture française, largement inspirée de la galerie des Glaces de Versailles. Pour mener à bien cette ambitieuse restauration (7 millions d’euros), l’architecte en chef des Monuments historiques Alain-Charles Perrot – omniprésent sur les chantiers parisiens – a pu s’appuyer sur une source précieuse, produite par Charles Garnier lui-même, l’auteur de ce monument triomphaliste du Second Empire. En 1878, soit trois ans après l’inauguration à contrecœur du bâtiment par le président Mac-Mahon, Garnier répond à ses détracteurs en publiant un long texte agrémenté de planches couleur, véritable exégèse de son projet, sobrement intitulé Le Nouvel Opéra. C’est ce document qui a permis aux restaurateurs d’aller au-delà d’une simple remise en état général de l’abondant décor. Toutes les tentures, disparues au cours des années 1930, ont pu ainsi être restituées à partir d’échantillons identifiés dans les archives de la maison Prelle. Le mobilier, jusqu’alors entreposé dans les réserves, a lui aussi retrouvé place sous les ors du foyer. Le décrassage des peintures a constitué le second volet de la restauration. Les voûtes des salons du Soleil et de la Lune, conçues comme une signalétique indiquant l’accès vers le fumoir ou le glacier – mais inversées lors de leur réalisation – ont retrouvé leur éclat. Dans le grand « promenoir », la suppression de quelques badigeons a fait réapparaître des motifs disparus, tels ces imitations de cuir de Cordoue peintes sous la corniche. Quant aux 400 m2 de peintures de la voûte dus au pinceau de Paul Baudry, leur bon état de conservation a simplifié leur nettoyage, consistant essentiellement en un allègement des vernis. Pour parachever cette grande entreprise de restauration de l’Opéra Garnier, il faudra désormais s’atteler à la délicate remise en état de la rampe en fer à cheval de l’Empereur, sur le flanc occidental du bâtiment, étayée pour cause de vibrations du RER.

Opéra Garnier, PARIS, place de l’Opéra, IXe, tél. 01 40 01 25 14. Gérard Fontaine, L'Opéra de Charles Garnier, architecture et décor intérieur, éd. du Patrimoine, 192 p., 30 euros.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°559 du 1 juin 2004, avec le titre suivant : Restauration réussie du Grand Foyer

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